10 janvier 2011 : Projection - débat à l'EHESS sur le film Samson & Delilah

Cycle « Images et politiques de l’autochtonie : transmissions et fictions » dans le 6e arrondissement de Paris.


Samson & Delilah, du réalisateur aborigène d’Australie Warwick Thornton.


8 Janvier 2011 22:59

Samson & Delilah, réalisé en langue warlpiri par le cinéaste aborigène d’Australie Warwick Thornton.
Dans le cadre du cycle "Images et politiques de l'autochtonie : transmissions et fictions", le programme Sorosoro organise à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris) la projection du premier long-métrage du réalisateur Warwick Thornton, récompensé par la Caméra d’or lors du Festival de Cannes 2009, suit l’errance de deux adolescents aborigènes au ras de la terre rouge du bush australien, puis leur plongée en enfer dans la ville d’Alice Springs, dont le DVD vient de paraître.
Le film quitte le décor touristique et la vie en communauté pour un road movie cruel et cinglant, avec des paysages somptueux : "Samson et Delilah vivent dans une communauté aborigène isolée dans le désert du centre de l'Australie. La vie là-bas est un éternel recommencement : les jours passent, rien ne change jamais et personne ne semble s'en soucier. Quand le malheur s'abat sur eux, ils décident de s'enfuir. Commence alors un véritable périple pour réussir à survivre. Les deux adolescents découvrent que la vie hors de la communauté peut être cruelle. Affamés, rejetés, perdus, seuls et indésirables, Samson et Delilah tombent pourtant amoureux l'un de l'autre. C'est tout ce qu'ils ont, leur seule réalité."

Le réalisateur australien Warwick Thornton, lui-même aborigène, locuteur du warlpiri (langue du Territoire du Nord), dénonce avec force le sort des premiers habitants d’Australie, d’abord colonisés, puis rejetés et condamnés à vivre en retrait du monde, dans des conditions indignes.
Corollaire de cette marginalisation en marche, la disparition progressive des langues aborigènes. Rappelons qu’avant l’arrivée des Britanniques en Australie à la fin du XVIIIe siècle, on comptait près de 300 langues (et autant de communautés). Il en reste aujourd’hui moins d’une trentaine, dont la plupart sont parlées par quelques centaines de personnes seulement.
Très préoccupé par cette situation, Warwick Thornton a la conviction que sa caméra peut aider à promouvoir les cultures indigènes. Depuis ses premiers courts métrages remarqués (Payback, Mimi,…), il n’a de cesse d’imprimer sur écran le désarroi des Aborigènes, mais aussi leurs espoirs, leur art de raconter des histoires, leur sens de l’humour, bref, leur goût de la vie. Et il n’est d’ailleurs pas le seul : un collectif de Warlpiris, regroupés au sein du Warlpiri Media Association, a lancé un site Internet drôle et ludique, Bush Mechanics, dédié à "la stupéfiante ingéniosité indigène". Pour mieux lutter contre l’isolement et l’oubli.]i

Lundi 10 janvier 2011 à 11h : projection de Samson & Delilah (2009) suivie d’un débat jusqu’à 15h.
Durée : 1h41- Caméra d'Or au Festival de Cannes.
EHESS – amphithéâtre François Furet, 105 boulevard Raspail 75006 Paris.


Source : Programme Sorosoro, pour que vivent les langues du monde !


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