Accidents à Paris : les piétons sont-ils fautifs ?

17 piétons tués sur 33 morts à Paris depuis le début de l'année 2011.


Au 23 mars 2011, les victimes piétons représentent la moitié des morts sur l’agglomération parisienne : 17 tués piétons sur 33 morts.


Elodie Châtrain
23 Mars 2011 13:09

© Philippe Geenen - Fotolia.com
Selon des chiffres donnés par la préfecture de police de Paris, il ne fait pas bon se promener à pied à Paris. Ah Paris ! Capitale où "l'enfer" à été promis en 2001 aux automobilistes !
Force est de constater que ce sont les piétons qui payent un lourd tribu humain lors des accidents de la circulation.
Alors que les chiffres 2010 de la délinquance vont être dévoilés, arrondissement par arrondissement, grâce au fameux Contrat de Sécurité et de Prévention de l'Arrondissement (CSPDA), découvrons ceux donnés par la préfecture de police de Paris.
Jugeons plutôt : en 2010 à Paris, les piétons ont représenté près de 42% des tués (18), 33% des blessés graves (234) et 1 645 blessés légers.
En 2010, les seniors l'ont également payé de leur vie : ils ont représenté 78% des morts piétons à Paris.
Une question taraude. Et si les piétons étaient fautifs ? A 21,5 % non et à 52,6 % oui, révèlent les chiffres de la préfecture.
21,5% des piétons sont accidentés alors même qu’ils traversent la chaussée :
- de façon réglementaire sur les passages piétons,
- sont sur des refuges,
- marchent sur les trottoirs
- ou dans des aires piétonnes.

Les gardiens de la Paix le savent : les responsables des accidents sont "ceux qui ne respectent pas la priorité accordée par le code de la route aux piétons régulièrement engagés sur les passages protégés" :
- les conducteurs d’automobiles,
- les conducteurs de camions,
- les conducteurs de deux-roues à moteur.
"Néanmoins", dit la préfecture, 52,6% des piétons blessés ou tués sont fautifs et dans la plupart des cas ont emprunté la chaussée en négligeant les règles du Code de la route (959 accidents sur 1 865 impliquant des piétons).
Il est plus commode de dresser les uns contre les autres, au lieu d'éduquer, piétons contre automobilistes, piétons contre vélocyclistes, piétons contre motards, vélocyclistes contre automobilistes, motards contre automobilistes.
Un regard forcément de travers de l'automobiliste, un pied qui martèle le passage piéton ou pas avec un bruit de bottes, deux roues qui zigzaguent sur les trottoirs, ... , tous les ingrédients sont là pour que soit entonné en choeur le célèbre refrain : "c'est pas moi, c'est les autres !"
Aux conseils consultatifs de quartiers de se saisir du problème, certains le font avec succès. Il n'est pas facile pour eux de faire accepter par les maires d'arrondissement les investissements nécessaires pour protéger la vie de tous.

Mots-clés de l'article : accidents piétons

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