Dominique de Villepin face à Nicolas Sarkozy

Présidentielles 2012.


Le diplomate devenu Premier ministre versus l'avocat devenu Président de la République.


20 Janvier 2012 17:09

Dominique de Villepin se s'est pas opposé à Nicolas Sarkozy en 2007, "pour ne pas revivre la division de 1995 entre Chirac et Balladur" comme il l'explique dans les dernières pages de son livre paru fin 2010 "L'esprit de cour, la malédiction française", soit la Cour à travers l'Histoire et à travers les âges aux éditions Perrin.

Tout change le 16 janvier 2012, lorsque Dominique de Villepin inaugure son "PC de campagne" dans le 6e arrondissement de Paris. Dans ses voeux à la presse transformés en discours sur la dette française au lendemain de la perte du triple A, il n'est plus question de division au sein de l'UMP mais de "conduire et organiser l'effort national." Il n'y a pas 2 candidats de l'UMP, l'ancien premier ministre n'étant plus membre du parti présidentiel.
Il est question selon lui d'un combat à mener et d'un choix à faire face à "l'échec du quinquennat." Les mots sont moins durs que ceux prononcés en novembre 2010 au Grand Rendez-vous Europe 1 - Le Parisien - Aujourd'hui en France : "je dis que Nicolas Sarkozy est aujourd'hui un des problèmes de la France, et parmi les principaux problèmes qu'il faut régler, et qu'il est temps que cette parenthèse politique que nous vivons depuis 2007 doit être refermée".
Changement de méthode en 2012 : Dominique de Villepin annonce une lettre "aux parlementaires et élus de la majorité ainsi qu'à tous les autres pour tracer un chemin de rassemblement." Le candidat de la formation politique "République solidaire" défend ses idées à l'intérieur de la famille politique dont il est issu : la démocratie offrant la possibilité d'un choix, il souhaite un vote basé sur la différence d'analyse entre Nicolas Sarkozy et lui, et sur leur différence de conception de la France. L'ancien membre de l'UMP ne se trouve aucun point commun avec Nicolas Sarkozy : "je ne suis ni libre-échangiste, ni protectionniste, je suis pragmatique. S'il faut protéger nos industries, comme le font les Américains et les Chinois, je le ferai (...) Face à cette dette, je suis frappé par l'indigence de ce qui est fait et de ce qui est dit. Les uns nient qu'il y ait un problème, les autres font comme si résorber le déficit serait une solution miracle pour remettre la France sur les rails. La dette, la dette et encore la dette. Les deux approches sont inopérantes."

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Pour Dominique de Villepin, la majorité doit choisir : "je veux m'adresser tout particulièrement à la majorité, légitimement inquiète au lendemain de cette sanction qui vient de tomber avec la perte du triple A. C'est l'échec du président sortant, Nicolas Sarkozy et l'échec de son Premier ministre François Fillon. Mais ce n'est pas l'échec de toute la majorité qui a ouvert des chantiers pour notre pays, tels que la réforme des universités, les retraites ou encore le crédit impôt recherche. Je connais cette majorité. Elle n'a pas démérité, mais elle a été dévoyée. Je n'oublie pas que j'en ai été le chef et que nous avons réussi à gagner des batailles ensemble contre le chômage et les déficits entre 2005 et 2007. J'ai toujours eu pour ma part une conception ouverte de la majorité et je n'ai cessé de regretter à la fois son rétrécissement et son durcissement."


> Vidéo : extrait du discours du 16 janvier 2012.

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Via la presse, Dominique de Villepin s'adresse également à la majorité : "il suffit de la regarder, il suffit de l'entendre, la cacophonie qui règne dans la majorité, l'hésitation sur la voie à suivre, le sauve qui peut quand, à 2 mois 3 mois d'une élection, on s'engage dans une réforme comme la TVA sociale, faire tout seul la taxe sur les transactions financières, c'est que, voilà, on en est réduit à un baroud d'honneur. Je crois que le baroud d'honneur, ce n'est pas le meilleur de la politique."


> Vidéo : extrait des interviews le 16 janvier 2012.

Demandant le "rassemblement de tous au-delà des clivages", Dominique de Villepin veut exister politiquement et représenter une option ; en mettant de côté le voeu d'un gouvernement d'union nationale cher à Jean-Louis Borloo, ex-candidat malheureux du Parti Radical à la présidentielle ; en ignorant pour le moment les électeurs du Nouveau Centre, de Debout la République, du Rassemblement pour la France et du Modem.
Le Modem, qui en janvier 2012, est crédité de 12,5% (Ifop), de 14% (Ipsos) ou de 15% (Opinionway) des intentions de votes au premier tour. Azouz Begag, qui avait soutenu François Bayrou en 2007, fait partie des conseillers politiques de Dominique de Villepin et de République solidaire : "il faut essayer de faire face au défi qui sont face à eux, je souhaite bonne chance à celui qui sera à la tête de cet état dans 3 mois, cela ne sera vraiment, vraiment, pas gagné" explique-t-il en marge du discours du candidat Villepin, "il faut être heureux de voir qu'à droite Villepin incarne, à l'UMP en tout cas, une alternative : il était chef du gouvernement, il était chef de tous les ministres dont il parlait tout à l'heure, et qui sont toujours à l'UMP."
Dominique de Villepin veut croire à son système d'opposition et à des ralliements. Une conséquence mécanique du phénomène de cour en France : cherchant à être nommés dans un gouvernement ou simplement élus ou réélus aux législatives en 2012 et aux municipales en 2014, les femmes et les hommes politiques se poseraient la question : "est-ce que Nicolas Sarkozy a des chances d'être réélu ?" Prenant la température auprès des Français, ils se poseraient ensuite la question de savoir si "l'étiquette" UMP pourrait leur servir ou pas. En cas de réponse négative, Dominique de Villepin se dit prêt à les accueillir.
Les chances du candidat Villepin sont minimes. Dans les sondages de janvier 2012, la côte de Dominique de Villepin reste scotchée à 2% (Opinionway), 2,5% (ifop) ou encore 3% (CSA) d'intentions de votes au premier tour.

Articles :
- 13 février 2012 : Combien de candidats au 1er tour de l'élection présidentielle ?
Paris Tribune Indiscrétions:
- 13 février 2012 : Election présidentielle : la QPC de Marine Le Pen étudiée le 16 février, réponse avant le 22 février.
- 9 février 2012 : 11 000 euros pour obtenir 500 signatures.
- 1er février 2012 : Collecte de 500 promesses de signatures : le délai est rallongé de 7 jours.
- 18 janvier 2012 : Villepin inaugure son PC de campagne dans le 6e arrondissement.
- Paris Tribune Indiscrétions le 22 septembre 2011 : Dominique de Villepin passe la main à Jean-Pierre Grand.
- 28 octobre 2009 : Quand Villepin prend goût au combat.


Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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