Hôtel de la Marine : l’Etat fait une nouvelle volte-face

Hôtel de la Marine : la fin de l'appel à projets.


A la demande de Valéry Giscard d'Estaing, président de la commission chargée de réfléchir à l’avenir de l’Hôtel de la Marine, l’Etat a décidé de mettre fin à la procédure d’appel à projets qu'il avait lancé, officiellement "afin de pouvoir auditionner d'éventuels candidats sans risque juridique d'interférence avec la procédure en cours".


par SC
6 Mai 2011 18:04

Ancien Garde-meuble de Louis XV situé place de la Concorde, l’Hôtel de la Marine est actuellement occupé par l'Etat-major de la Marine nationale qui va devoir le quitter fin 2014 pour rejoindre Balard et le Pentagone à la française dans le XVème arrondissement. Un appel à projets "en vue de l'occupation, la mise en valeur et l'exploitation" de l'Hôtel de la Marine avait été lancé le 27 novembre 2010 par le ministère du Budget. A l’origine, le gouvernement avait prévu de conclure un bail de très longue durée (60 à 80 ans) avec un groupe privé sélectionné à l'issue d'un concours sur la base d'un projet. Il aurait alors été chargé de réaliser les travaux de restauration du bâtiment et de mettre en œuvre le projet retenu. Cette nouvelle volte-face va à coup sur décourager tout projet, tant l’Etat semble hésiter sur la démarche à suivre.

Il faut rappeler que ce n'est qu’après avoir lancé cet appel à projet, que l’Etat a finalement choisi de créer une commission chargée de réfléchir à l’avenir du prestigieux bâtiment, en mettant à sa tête l’ancien Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, lui-même hostile à l’idée de confier la gestion de l’Hôtel de la Marine à des partenaires privés et qui avait signé une pétition dans ce sens.

Valéry Giscard d’Estaing a pourtant récemment exprimé sa volonté "de pouvoir auditionner d'éventuels candidats sans risque juridique d'interférence avec la procédure en cours". Est-ce dû au fait que la commission butte sur un problème de taille : l'absence d'argent public et d'idée pour la destinée de ce lieu, qui avait conduit l'Etat à lancer un appel à projet faute d'être capable d'en lancer un lui-même ? L'annonce de l'audition des représentants du musée du Louvre, du musée des arts décoratifs ou du Mobilier national pallie mal le silence de la rue de Valois et l'inexistence de vision de Frédéric Mitterrand sur ce lieu majeur du patrimoine national.

De toutes ces annonces, c'est une impression de flou qui domine. Pourquoi certains candidats seraient invités à être auditionnés et pas d'autres ? Quels seront les critères retenus ? L’Etat souhaite-t-il toujours confier la gestion du bâtiment à des acteurs privés et, si cela n’est pas le cas, a-t-il les moyens et la vision nécessaires à la valorisation d’un si prestigieux établissement ? Il semble impossible actuellement d’y voir clair.

A coup sûr, de telles incertitudes vont refroidir d’éventuels repreneurs. Il serait dommage que le choix du projet de valorisation de l’Hôtel de la Marine soit finalement un choix par défaut ou pire qu'aucun projet financé ne voit le jour et que ce monument devienne une friche comparable au Palais de Tokyo.



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