Interpellation d’un Agent d'Accueil et de Surveillance de la Ville de Paris par la police

Intervention musclée au Square Louise Michel aux pieds du Sacré Coeur de Montmartre


Il est connu pour être un excellent Agent d'Accueil et de Surveillance (AAS) de la Ville de Paris, droit et consciencieux. Il vient de subir un choc en se faisant plaquer au sol par des policiers et emmené au poste, ce qui ne manque pas de soulever de nombreuses interrogations.


23 Mai 2016 00:05

Le Square Louise Michel a reçu le label QualiPARIS, décerné par un organisme de certification indépendant, lequel repose sur des engagements concrets et vérifiables en matière d’accueil, d’écoute, d’accès et d’information au 6 place Saint Pierre 75018 Paris © VD Paris Tribune
Les faits sont les suivants : le jeudi 19 mai 2016 vers 15h55, trois policiers de la Brigade VTT de la au commissariat du sont en intervention au square Louise Michel au pied de la Basilique du Sacré Cœur.

Le site de Montmartre est le deuxième plus visité à Paris et plusieurs témoins assistent à la scène : avec une allure vaguement "urban chic", chaussures montantes, uniforme et casquette, un brigadier cycliste délaisse son VTT, plaque à terre, menotte et embarque aussi sec vers le commissariat du 18e arrondissement un agent en service et en uniforme de la Ville de Paris en poste au square Louise Michel.

Il est reproché à l'Agent d'Accueil et de Surveillance de faire entrave à l'intervention des policiers. Or cet agent est réputé pour sa droiture et son professionnalisme depuis plusieurs années au service des Parisiens. 

Le syndicat CGT A.S.P.S (Accueil, Surveillance, Prévention, Sécurité) de la Ville de Paris et des Administrations Annexes parle "des hématomes et des symptômes psychologiques" subis par l'agent embarqué "de façon musclée". Il pose la question :
 
"Y aurait-il eu un dérapage volontaire d’un(e) ou des policiers ? (...) Nous rappelons que les Agents d'Accueil et de Surveillance ne sont pas habilités à faire de la répression, mais seulement de l'information et de la prévention, et n'ont pas à accompagner les policiers lors de leurs interventions."
Jean-Claude Hamelin, Secrétaire général du Syndicat CGT A.S.P.S, Lettre ouverte au Maire de Paris le 20 mai 2016.

L'incompréhension est totale car il y aurait "habituellement une bonne coordination entre les Agents d’Accueil et de Surveillance et les policiers sur ce site" explique Jean-Claude Hamelin à Anne Hidalgo Maire de Paris au lendemain de l'événement. Il lui demande "d'intervenir auprès du Préfet de Police afin que les Agents d'Accueil et de Surveillance ne deviennent pas les boucs émissaires des problèmes qui perdurent depuis plus de 30 ans dans ce square et ses environs et qui ne sont des compétences, ni des Agents d'Accueil et de Surveillance, ni de la division du 18ème et ni de la Direction des Espaces Verts et de l'Environnement" de la Ville de Paris.

Les espaces verts du 18e arrondissement parmi les plus exposés

En attendant "un geste de considération" afin que l'agent ayant subit l'interpellation musclée reçoive le soutien d'Anne Hidalgo, une décision est prise :
 
"Par solidarité envers notre collègue, le square Louise-Michel, au pied du Sacré Coeur, reste sans surveillance et sans fermeture de la part des Agents d'Accueil et de Surveillance depuis les faits du jeudi 19 mai 2016."
Jean-Claude Hamelin, Secrétaire général du Syndicat CGT A.S.P.S, Lettre ouverte au Maire de Paris le 20 mai 2016.

Les "problèmes" existant dans le square Louise Michel et ses environs sont connus depuis plusieurs années, les équipements de la Ville de Paris situés dans le 18e arrondissement étant les plus touchés par des atteintes à la tranquillité, aux biens et aux personnes (en grande majorité des agressions verbales) - suivi par les 11e et arrondissements. En 2013, 68,2% des signalements d’événements provenaient des espaces verts et des cimetières parisiens soit 8.198 événements enregistrés. 
 
"Un tiers environ des atteintes signalées en 2013 s’est déroulé dans le 18e arrondissement (...) quatre squares concentrent la moitié de ces faits : le square Louise Michel (526 atteintes), les Jardins d’Éole (445 atteintes), le square Léon (170 atteintes) et le square des Deux Nèthes (151 atteintes)".
Rapport 2014 sur les atteintes recensées par l’Observatoire parisien de la tranquillité publique (OPTP) sur le personnel et les biens de la Ville de Paris.
 
Le contexte, connu des pouvoirs publics, explique-t-il l'attitude des policiers de la brigade VTT au commissariat du 18e arrondissement vis-à-vis de l'agent de la Ville de Paris ? Selon la CGT, "les mêmes policiers avaient déjà fait des remarques déplacées envers nos collègues des jours et semaines précédents".

Grâce à l'intervention du chef de division du 18e arrondissement, l'agent a été libéré du commissariat de police ; et de nombreuses questions restent pour le moment sans réponse.
 




Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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