L’affaire Snowden, en passe de booster le marché français du Cloud ?

Texte participatif sur l'offre française face aux géants américains en matière de protection des données.


En matière de cloud computing, il y a un avant et un après l’affaire Snowden. Le scandale des programmes américains de surveillance de l’Internet mis en place par l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a littéralement ébranlé le secteur aux États-Unis. Il a bonnement et simplement pulvérisé la confiance que pouvaient avoir les chefs d’entreprise et les directeurs informatiques dans les fournisseurs de cloud américains. Une faille dans laquelle doit s’engouffrer la France dont les solutions de sécurisations sont performantes.


nicolas
13 Février 2014 10:28

Concernant le cloud à ses débuts, les problématiques de sécurité et de confidentialité étaient déjà un enjeu de taille pour les dirigeants d’entreprises. Les hésitations se comprenaient.

Il s’agissait d’abandonner des serveurs localisés dans les locaux de l’entreprise sur lesquels employés et dirigeants avaient la main, au profit d’une technologie faisant migrer en ligne des données. Or on connait leur valeur stratégique pour toute entreprise souhaitant rester compétitive.

Le plus dur pour les décisionnaires résidait sans doute dans l’idée de perdre le contrôle physique et géographique de ces informations, dorénavant hébergées dans des centres de données auxquels ils n’auraient plus accès. Mais le cloud avait fini par convaincre, les entreprises ayant compris qu’elles étaient largement gagnantes en termes de coûts et d’organisation.

Après l’affaire Snowden, les craintes relatives à la sécurité et à la confidentialité des informations se sont exacerbées. On imagine facilement que se savoir espionner par les autorités de son pays, libres de piller en toute impunité des données parfois déterminante pour la survie d’une entreprise, n’a rien de bien plaisant. Les géants américains tels qu’Amazon Web Services, Microsoft ou IBM n’en sont pas sortis indemnes. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les autres en l’occurrence, sont les spécialistes français du cloud computing qui peuvent mettre en avant leurs offres, particulièrement solides en termes de sécurité.

Les data centers constituent le point d’achoppement de toute l’affaire. Leur localisation et l’accès qu’il est possible d’y aménager à des fins d’intrusion sont au cœur des préoccupations des chefs d’entreprise. C’est pourquoi les dispositions juridiques qui les entourent sont déterminantes dans la qualité du service de sécurité offert.

Sur ce point, les institutions du vieux continent, et a fortiori la France, traitent le sujet avec sérieux. La législation européenne et celle des États membres de l’UE étudient des mesures de protection pour réglementer davantage le Cloud Computing, notamment en matière de souveraineté territoriale, de transfert international de données et de localisation de serveurs.

En France, les hébergeurs peuvent être poursuivis sur le plan civil, pénal et contractuel s’ils ne respectent pas les diverses obligations en matière de protection des données personnelles : une obligation d’identification, de conservation des données de connexion et d’intervention en cas de signalement d’un contenu illicite, de stockage des données transmises et de sécurité des données.

Ces garanties expliquent en grande partie pourquoi IBM, après avoir annoncé vouloir ouvrir centre de données SoftLayer à Paris, s’est associé au fournisseur d’accès Internet Français Completel, dont les solutions de sécurisation sont réputées. Il s’appuiera sur le réseau du 1er opérateur alternatif de fibre optique pour fournir des services cloud aux entreprises, principalement des PME/PMI. C’est une démarche visiblement destinée à les rassurer alors qu’elles sont encore très suspicieuses à l’égard des grands groupes américains.

C’est une première greffe des fournisseurs de cloud américains sur les services européens, preuve que la France est véritablement attractive dans ce domaine. Ella a tout intérêt à surfer sur cette opportunité afin d’attirer les entreprises qui lui envient la solidité de ses garanties sécurité.
© alexyndr - Fotolia.com

Note de la rédaction de Paris Tribune à propos du texte participatif :
Si le texte participatif est posté avec un visuel, il convient de mentionner le nom de l'auteur afin de respecter la législation relative aux droits d'auteur, et ce, d'autant plus si le visuel qui a été posté sans aucune mention légale est un visuel payant vendu sur le site Fotolia, par exemple. En France, il n'y a pas que "les hébergeurs qui puissent être poursuivis sur le plan civil, pénal et contractuel s’ils ne respectent pas les diverses obligations en matière de protection des données personnelles", il en va de même pour tous ceux qui ne respectent pas la loi sur la propriété intellectuelle. C'est aussi le cas aux Etats-Unis"
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Mots-clés de l'article : cloud snowden états-unis

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