La question de l'urgence sanitaire des problèmes respiratoires en Polynésie française

La prévention systématique du souffle permet de dépister les maladies respiratoires.


Les problèmes respiratoires en Polynésie française sont au coeur des préoccupations des professionnels de la santé.


3 Avril 2021 01:00

Les Tahitiens appelés à faire attention à leur souffle

A quand la mesure systématique du souffle en Polynésie française ? Les patients connaissent la mesure de leur tension artérielle, la mesure de la glycémie, ils connaissent leur chiffre de cholestérol, mais qui connaît sur le bout des doigts la mesure de son souffle ?

Une fatigue à l’effort et un souffle court permettent souvent de diagnostiquer un problème respiratoire et beaucoup de Tahitiens connaissent des problèmes respiratoires au cours de leur vie. Le problème est de taille car il s'agit de maladies silencieuses.

Ils sont nombreux à souffrir pendant de longues années de maladies pulmonaires chroniques et évolutives. Certains ont du mal à accomplir des tâches de la vie courante, comme faire le ménage, se laver, ... Ces gestes deviennent vite difficiles. Même pour manger, ils doivent s’y prendre à plusieurs fois pour finir leur assiette. La perte d’autonomie est tue et vécue dans la douleur allant jusqu'au déni. 

En cause, des maladies qui affectent les bronches et le poumon. Si Molière nous a appris à dire « le poumon, le poumon, vous dis-je ! » les bronches endommagées sont également source de maladies mortelles, car les bronches en bonne santé ont pour fonction d'assurer le passage de l'air inspiré et expiré entre l'extérieur et l'intérieur du poumon.
 

Il y a dix ans, quelles étaient les causes de décès du cancer en Polynésie française ?

En Polynésie française, le taux du nombre de cas et de morts dus à un cancer pulmonaire est proche de celui de la France.

En Polynésie française en 2011, le cancer des bronches et poumon, toutes causes confondues, représentait la deuxième cause de mortalité, avec un taux de 122 cas pour 100.000 habitants, soit 313 décès pour le cancer des bronches et poumon (1).

En France métropolitaine, le cancer des bronches et poumon, toutes causes confondues, représentait, en 2015, la première cause de mortalité chez l’homme et la deuxième cause de décès chez la femme, après le cancer du sein.

L’un des signes extérieurs est un essoufflement au moindre effort. L’insuffisance respiratoire peut entraîner d’autres maladies avec de graves conséquences cardio-vasculaires. 

La rééducation, pour retrouver les gestes de la vie quotidienne, et l’activité physique, pour se muscler de nouveau, permettent d’atteindre une capacité respiratoire salvatrice et de reprendre confiance en soi dans les gestes de la vie de tous les jours. Ils constituent des moyens sûrs et infaillibles de limiter la gêne de la maladie en faisant apprendre aux malades le goût de l’effort physique.

Pour les malades ayant les bronches atteintes par les maladies des BPCO, pour Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive, les médicaments font aussi du bien. Ces maladies mortelles pourraient devenir une grande cause nationale, si les autorités le décident, car elles sont en passe de se transformer en troisième cause de décès dans le monde d’ici 2030. Quand la chimie médicamenteuse n’arrive plus à soulager les malades, la chirurgie devient la seule alternative. La transplantation pulmonaire est alors l’ultime remède pour ne pas mourir prématurément. Elle est plutôt proposée à des gens jeunes qui n’ont pas d’autres signes de comorbidités - les maladies secondaires ou principales, en lien, ou pas, avec une autre maladie (avoir du diabète et de l'hypertension, etc).

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indiquait en 2000 que le cancer le plus fréquent et le plus mortel était les cancers des bronches et poumon. C’était vingt ans avant la mutation d'un coronavirus en le SARS-CoV-2 - Covid 19, et sa propagation fulgurante à l'échelle planétaire, un coronavirus hautement pathogène pouvant provoquer une détresse respiratoire aigüe procurant la mort ; une raison de plus pour mettre en place dans la collectivité d'outre-mer la prévention systématique du souffle pour dépister les maladies respiratoires.
 

LES CAUSES DE MALADIES DES BRONCHES ET POUMON - HORS CORONAVIRUS :

Le tabac et le tabagisme passif (à plus de 95 % en Polynésie française), le gaz d'échappement des moteurs diesel, la pollution de l’air extérieur, l'exposition à différentes substances, l’amiante, le radon, les rayons X et Gamma.
Les femmes étant plus sensibles au tabac que les hommes, elles sont plus touchées que ces derniers par les maladies respiratoires.
 

(1) Source : Les causes de décès en 2011 en Polynésie française d'après l'exploitation des certificats des causes de décès, par L. Yen Kai Sun - Bureau de veille Sanitaire, Direction de la santé, Polynésie française.
BISES n° 14 - Bulletin d'Informations Sanitaires, Epidémiologies et Statistiques (avril 2015).

 

LES CAUSES DE DÉCÈS EN 2011 EN POLYNÉSIE FRANÇAISE D’APRÈS L’EXPLOITATION DES CERTIFICATS DE CAUSES DE DÉCÈS.pdf  (1.12 Mo)

Les maladies des bronches et du poumon ne sont pas à prendre à la légère, surtout en période de pandémie affectant les bronches et poumon © DR



Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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