Le Ramadan, un rituel religieux qui unit ou qui divise ?

Cinquième Tribune


L'année 2008-2009 a été marquée par une série de conflits intercommunautaires islamiques. La période a été difficile mais maintenant, l’heure est à la paix. Un écueil subsiste malgré tout. La date du début de ce mois sacré n’étant pas encore établie, le débat est ouvert jusqu’à samedi.


Mariam Slimani
19 Aout 2009 18:02

Cette année, c’est quand ?

« En ce qui concerne les musulmans de la ville de Paris, c’est le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) qui se réunira demain, consultera les savants et lancera un communiqué dans la nuit de jeudi à vendredi », répond l’imam Cheikh Laaroussi du service religieux de la Mosquée de Paris.

Chez les associations et les mosquées de la région parisienne, les calendriers islamiques du mois sont imprimés, y compris les dates du ramadan. Seules deux dates manifestent encore l’incertitude générale : la nuit de jeudi à vendredi soir est nommée "nuit du doute" car il n'est pas encore établi si elle sera celle du début du jeûne ; la même incertitude persiste pour la fin du jeûne.

Toutes les autorités religieuses sont depuis des semaines à l’écoute des données des savants et des autorités des pays musulmans afin de suivre l'évolution des prédictions scientifiques.

Un débat d’ordre scientifique

Afin de déterminer la date précise du début de ce mois, il faut savoir que le calendrier islamique est lunaire. Ce qui implique que c’est l’apparition de la nouvelle lune qui ouvre le jeûne. Le verset 185 de la sourate 2 du Coran précise que « quiconque aura aperçu la nouvelle lune observera le jeûne ». Cependant, une incertitude revient chaque année comme une habitude. Est-ce la vision de la nouvelle lune ou bien son apparition qui importe pour marquer le début de ce mois saint ?

La question est complexe, et pourtant la réponse est simple. « Tout dépend du lieu où se trouve l’observateur. S’il aperçoit le croissant cette nuit-là, le mois débute pour son secteur », ajoute l'imam Cheikh Tebal. Certes la date de la nouvelle lune peut être connue de tous dans le monde, mais c’est la vision du croissant dans le lieu où l'observateur se trouve qui proclame le début du jeûne le lendemain.

Etant donné que la visibilité du croissant ne se fera vraisemblablement pas en France dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août, selon l'astrophysicien Abd-al-Haqq Guiderdoni, c’est par défaut le surlendemain, c’est-à-dire le samedi 22 août qui ouvrira ce mois de ramadan 1431.

Précisions religieuses…

Selon le sondage Ifop sur l'islam en 2009 publié aujourd'hui, 70% des 5 millions de musulmans que compte la France ( hormis les femmes enceintes, les malades et les enfants) vont se priver, pendant 28 à 29 jours, de manger, de boire, de fumer et de relations intimes du lever jusqu'à l’heure de la prière du Maghrob, c'est à dire le coucher du soleil. « Considéré comme un des cinq piliers, le « sawm » (à traduire jeûne du ramadan) est un acte obligatoire, qui combiné avec le prononcé de l’intention, expie les fautes précédentes du musulman », explique l’imam Cheikh Tebal à la Mosquée de Paris.

Ce jeûne rituel s’effectue chaque année au cours du mois saint de l’islam, le Ramadan, qui célèbre la révélation du Coran par l'archange Gabriel au prophète Mahomet.

La solution apportée par les autorités religieuses, consistant en la vue du croissant lunaire, est sage et permet une paix relative entre toutes les familles religieuses, 73 selon le Coran, qui forment la Ouma, la communauté musulmane.
Une communauté qui attend avec impatience que la lune veuille bien se montrer, entre deux nuages.

Mots-clés de l'article : 5e arrondissement mosquée ramadan

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