Les artistes investissent légalement le 59 rue Rivoli

Première Tribune


Les squatteurs du 59 rue de Rivoli ont mis dix ans pour faire valoir leur droit. L'aide de la Mairie de Paris pour rétablir la situation a fini par aboutir par l'inauguration du lieu en tant qu'atelier.


Mariam Slimani
8 Septembre 2009 22:10

L'un est plasticien de métier et président du collectif 59rivoli réunissant les artistes squatteurs du fameux bâtiment situé sur la rue Rivoli. L'autre est maire de Paris. Deux Delanoë qui face aux caméras, se font chaleureusement l'accolade et pourtant aucun lien de parenté ne les unit si ce n'est l'inauguration ce matin d'un nouvel atelier d'art alternatif au 59 rue de Rivoli.

En 1999, des artistes investissent illégalement le bâtiment. En 2002, la Mairie de Paris n'a d'autre choix que de l'acheter pour la somme de 4,6 M€. De 2006 à 2009, le bâtiment est fermé pour travaux.

En août 2009, dix des anciens artistes squatteurs (choisis par une commission) et vingt-deux nouveaux artistes ont le droit de faire de l'endroit leur atelier.

Aujourd'hui, chaque artiste s'engage à payer un loyer symbolique de 130€, une somme modique pour les 1500 m² que couvre l'immeuble. Une aubaine qui a déjà profité à 12 collectifs relogés et pérennisés par la Ville de Paris. « Il y quelques semaines les murs étaient blancs », rapporte David Hardy alias Suisse Marocain, un artiste peintre du collectif, « mais beaucoup d'entre nous s'en sont appropriés en les taguant ».

Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, relativise : « L'opération est une réussite grâce au concours et des artisteset de la municipalité, et nous espérons que cette galerie ne sera pas détériorée par les tags ».

Gaspard Delanoe, locataire heureux d'un petit espace de travail au 4ème étage, explique que l'idée est de faire du lieu d'exposition un lieu à part. « Ce n'est pas une galerie qui expose, ni un musée qui sacralise, mais un atelier qui fait réfléchir ».

Bertrand Delanoé, lui, s'étonne, tout autant que le maire du 1er qu'aucune signalétique n'affiche la transformation du fameux squat en atelier. Le président de l'association propose que les artistes en créent un, aussi original que les œuvres des trente-deux artistes qui composent le collectif.



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