Qui est l'ancien collaborateur qui en veut au Modem ?

L'informateur bénéficie de la protection des sources.


Un ancien collaborateur, de 2010 à une date inconnue, est venu voir les juges onze jours avant le 1er tour des législatives et alors qu'un remaniement ministériel est prévu à l'issue du second tour.


9 Juin 2017 21:11

Craint-il de voir son nom mêlé à une affaire ou bien s'agit-il d'une vengeance ? Quoiqu'il en soit, et contrairement à un autre ancien collaborateur du Modem qui avait dénoncé en donnant son nom des travers au sein du parti de François Bayrou, celui-ci souhaite garder l'anonymat.

Le résultat des courses : le Parquet de Paris annonce le vendredi 9 juin 2017 qu'une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel de ce délit » vient d'être confiée à la brigade anti corruption de la police judiciaire.

Les faits sont relatés le 8 juin 2017 dans Le Parisien qui connaît l'identité de l'ancien collaborateur du Modem, tout comme le Procureur de la République qui recueillait le 31 mai 2017 le signalement de l'ancien militant du Modem.
 
« Cet ancien employé du MoDem, que nous avons sollicité, a rejoint le parti de François Bayrou en décembre 2010, signant alors un contrat avec l’UDF, formation d’origine du MoDem. Mais dès le lendemain, le parti lui présente un avenant. « D’un commun accord des parties », ce document modifie le contrat initial. Le salarié devient « collaborateur » à temps partiel (d'un eurodéputé) ».


L'ancien collaborateur du Modem, de 2010 à une date inconnue, s'est aussi expliqué auprès d'un autre média :
« Mercredi dernier, le 31 mai, il est venu en personne déposer des documents devant la justice. Cet ancien collaborateur du MoDem souhaite garder l'anonymat. Il a expliqué à France 3 avoir signé un contrat avec le parti fin 2010 ».


L'informateur aurait ainsi expliqué la pratique supposée du Modem consistant à faire supporter par le Parlement européen des salaires de collaborateurs du MoDem. Le député européen Jean-Luc Bennahmias mis en cause dément.

Cet informateur a réussi en juin 2017 ce qu'une pétition en ligne n'a pas réussi à faire depuis le mois de février 2017 : que le Parquet se saisisse de « L'affaire Bayrou » révélée en 2014 dans un livre.
 
« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal (...) ».
Corinne Lepage, « Les mains propres » (éditions Autrement, 2014).


L'ancienne eurodéputé avait aussi critiqué le Front National qui depuis se trouve dans le collimateur de la justice.

Les enquêteurs vont maintenant étudier les documents remis spontanément au Procureur. A cette occasion, le nom de la ministre Marielle de Sarnez aurait été cité. Les policiers vont pouvoir interroger des personnes sans aucune mise en examen et sans qu'aucune des personnes concernées ne puissent avoir accès au dossier. 

« L'affaire Bayrou » et « l'affaire Marielle de Sarnez » commencent.
Les mains propres, Corinne Lepage, Autrenent (2014).




Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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