Sénatoriales 2011 : les motivations de Géraldine Poirault-Gauvin

Géraldine Poirault-Gauvin, numéro 2 sur la liste de Pierre Charon aux sénatoriales 2011.


Géraldine Poirault-Gauvin répond à Paris Tribune et explique ses motivations personnelles, en tant que numéro 2 sur la liste dissidente de Pierre Charon aux sénatoriales 2011.


24 Septembre 2011 16:42

Contactés par Paris Tribune, les 9 élus parisiens inscrits sur la liste "Majorité présidentielle conduite par Pierre Charon" pour les sénatoriales du 25 septembre 2011 (Pierre Charon, Géraldine Poirault-Gauvin, Jean-Pierre Lecoq, Chantal Lambert-Burens, Pierre-Yves Bournazel, Anne-Charlotte Buffeteau, Marie-Thérèse Lacombe, Bertrand Pavlik et Catherine Margueritte) ne se sont pas empressés de répondre à la question : "Pouvez-nous nous expliquer, pour nos lecteurs parisiens, quelles sont vos motivations ?" Seule Géraldine Poirault-Gauvin a bien voulu répondre ; en parlant pour elle-même. Sa campagne s'est achevée le vendredi 23 septembre au soir.

Une "campagne difficile", explique la candidate du 15e arrondissement, qui compose avec les "pressions" de l'UMP parisien. En cause : sa position en numéro 2 sur la liste dissidente menée par Pierre Charon, élu du 15e arrondissement. Géraldine Poirault-Gauvin avance 2 raisons principales pour soutenir Pierre Charon, "une question de forme et de fond". La juriste de profession n'est pas en accord avec la façon dont la liste officielle s'est constituée et les méthodes de désignation pour les investitures. Plus que tout, la conseillère de Paris du 15e arrondissement n'envisage pas que "le plus grand arrondissement de Paris" avec son "quart de million d'habitants" n'ait aucun sénateur. C'est ce qui rend spécifique la motivation de Géraldine Poirault-Gauvin : vouloir un élu du 15e arrondissement au Sénat "et dans la liste de l'UMP, le 15e arrondissement n'est qu'en 4e position" avec Daniel-Georges Courtois, conseiller de Paris du 15e arrondissement, soutenu par la liste menée par Chantal Jouanno. Parmi les prétendants, explique-t-elle "seul Pierre Charon" a une stature de sénateur. "Je le connais, raconte-t-elle, "un élu efficace (...) et un artisan de la signature du Grand Paris [lorsqu'il était] chargé de mission de Maurice Leroy" (ndlr : ministre de la Ville chargé du Grand Paris). Géraldine Poirault-Gauvin, également conseillère régionale, l'a vu à l'oeuvre : "il sait écouter tout le monde (...) c'est ce qu'on demande à un sénateur (...) il sera un très bon sénateur".

En 2004, il y a bien eu un sénateur du 15e arrondissement : Philippe Goujon, maire du 15e depuis 2008 et patron de la fédération UMP à Paris. En 2007, il quitte le Sénat pour devenir député ; Géraldine Poirault-Gauvin est sa suppléante.
Aujourd'hui, elle critique l'UMP local : "ma campagne a été souterraine (...) les militants ont peur (...) on leur a dit qu'ils n'avaient pas le droit de voter (...) qu'on saura pour qui ils auront voté". Des militants terrorisés qui préviennent : "on va voter pour vous mais il ne faudra pas le dire (...) si on ne vous dit pas bonjour, il ne faudra pas nous en vouloir". Lors des réunions, des membres de la fédération parisienne "jettent en pâture les noms" de la liste dissidente, dénonce-t-elle en pointant les contradictions : "il ne faut pas être dissident alors qu'ils l'ont été !" En 2004, "Philippe Goujon a présenté une liste dissidente" aux sénatoriales qui a fusionné avec la liste forte la veille du dépôt des listes. En 2008, "Gérard d'Aboville (ndlr : 12e position sur la liste "UMP Majorité présidentielle") a failli faire perdre le 15e arrondissement". "Faut-il être dissident pour être récompensé ?" interroge-t-elle.
Elue en 2007 députée suppléante, en 2008 conseillère de Paris, en 2010 conseillère régionale, et co-fondatrice en 2011 du think-thank "Génération Paris Seine" qui affiche une "volonté de renouveau" pour "en finir avec les vieilles méthodes" qui "depuis 10 ans font perdre la droite à Paris", Géraldine Poirault-Gauvin résume : "c'est beaucoup plus simple dans la vie d'afficher ses convictions (...) ce qui est grave c'est d'avoir des désaccords sur les idées, pas sur les personnes."
Le conseil de Paris le 17 juin 2011 vote les listes des grands électeurs - Photo : Julie Hammett.

Combien de sénateurs du 15e arrondissement le 25 septembre 2011 ? Daniel-Georges Courtois, n°4 sur la liste officielle de l'UMP, Pierre Charon, n°1 sur la liste dissidente de l'UMP et Géraldine Poirault-Gauvin, n°2 sur la liste de Pierre Charon ? Ou encore Catherine Bruno, n°2 sur la liste du Nouveau Centre conduite par le sénateur sortant Yves Pozzo di Borgo ?
Les grands électeurs, 163 conseillers de Paris (les délégués de droit), les délégués supplémentaires (1 pour 1 000 habitants) et les suppléants (en cas d'empêchement des délégués, choisis parmi les électeurs inscrits sur la liste électorale de Paris) sont-ils attachés à faire élire un sénateur du 15e arrondissement ? De l'aveu de Géraldine Poirault-Gauvin, "ce sera 3+1", avec Pierre Charon, sénateur du 15e arrondissement de Paris. Le 25 septembre, le résultat des 12 urnes lui donnera raison ou tort.

Articles :
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Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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