Villepin inaugure son PC de campagne dans le 6e arrondissement

Présidentielles 2012 : J-100 avant le 1er tour.


L'ancien Premier ministre inaugure son quartier général rue du Cherche-Midi.


18 Janvier 2012 14:41

Locaux de taille présidentiable, le QG de campagne de Dominique de Villepin se situe au 91 bis rue du Cherche-Midi, dans le périmètre du conseil de quartier Saint-Placide dans le 6e arrondissement de Paris. 400 m², une superficie quasi-identique à celle du futur QG de l'UMP pour les présidentielles, situé à deux pas de là dans le 15e arrondissement de Paris, les bureaux indiqués "Villepin" sur la boîte aux lettres sont loués depuis le début du mois de janvier par l'association de financement de République solidaire.

Un grand bureau pour Dominique de Villepin et une grande salle, bientôt une 2e, accueillant des rangées de tables et des ordinateurs alignés comme des petits soldats. L'équipe est jeune, composée de bénévoles, étudiants et jeunes travailleurs. Pour que le poste de commandement tourne à plein régime et qu'il y ait constamment du monde au travail, les rotations s'organisent, par groupe de 30 personnes. La formation politique dispose de 4 correspondants par département, y compris en outre-mer, à l'exception pour le moment de 7 collectivités ultra-marines.

Lundi 16 janvier 2012 à 11 heures. Dominique de Villepin fait patienter ses invités. Parmi eux, Jean-Claude Carrière, coordonnateur du projet, Azouz Begag, ancien ministre du Modem délégué à la Promotion de l'égalité des chances (2005-2007) et conseiller politique de Villepin, et... Karim Achoui, ancien avocat venu "en observateur". Une phrase se fait entendre du côté des photographes de presse : "il est peut-être superstitieux et il veut un nombre de minutes de retard identique à son pourcentage ?"

Avec 8 minutes de retard et l'air solennel, Dominique de Villepin s'avance vers le pupitre où l'attend le discours déposé par Brigitte Girardin sa directrice de campagne, secrétaire générale de République solidaire, ancienne ministre UMP, déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie (2005-2007) et ministre de l'outre-mer (2002-2005). Le candidat Villepin transforme l'inauguration de son "PC de campagne" en une critique de la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis 2007 sur fond de perte du triple A de la France (ndlr : par l'agence Standard and Poor's).

Eludant la présentation de son équipe de campagne, il indique le site internet de campagne mis en ligne le matin même et commence son discours d'une voix grave : "je suis aujourd'hui candidat parce qu'à mon sens la situation l'exige. Je veux le dire, je n'aurais jamais été candidat si le bilan de Nicolas Sarkozy avait été un bon bilan et s'il avait été fidèle au redressement engagé avant 2007."

Le ton est donné. Il ne le quittera pas pendant 20 minutes : la dégradation de la dette signifie pour l'ancien Premier ministre l'échec du quinquennat, l'échec de la méthode de Nicolas Sarkozy et signe la fragilisation de la France. "Ma conviction c'est que la dégradation doit sonner le réveil politique" affirme-t-il en soulignant avoir été "entre 2005 et 2007 le premier Premier ministre à agir sur la dette" et "le seul dirigeant français à avoir engagé un effort structurel sur les déficits en 40 ans, depuis que la France accumule les déficits, depuis 1974."

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Devant une centaine de personnes, Dominique de Villepin déclare : "Il est temps de nous poser les bonnes questions : qu'est-ce que cela signifie vraiment, la dette, qu'est ce qu'elle signifie vraiment pour chacun des Français ? Premièrement la dette, c'est un boulet au pied de chaque Français. Elle sera payée par chaque Français et par chacun de nos enfants. Le prix à payer ne cessera de croître tant que nous ne prendrons pas les mesures nécessaires. Deuxièmement, la dette est un scandale. Elle est le révélateur des mauvais choix qui ont été faits depuis quarante ans, et qui ont été aggravés depuis cinq ans."

> Vidéo : extrait du discours du candidat Villepin.

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Face aux journalistes, le candidat Villepin revient à la charge : "j'aurais souhaité que la politique de la France puisse marcher, j'aurais souhaité que la politique engagée depuis 2007 puisse être un succès, j'aurais souhaité que Nicolas Sarkozy réussisse. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas. Je pense que rien n'est pire que de persévérer dans l'erreur. Je ne crois pas que les Français puissent s'extraire à ce point là de la réalité qu'ils vivent, de la réalité de l'humiliation que subit la France. Je crois que cela implique effectivement un profond changement de la donne politique."

Dominique de Villepin semble avoir acquis une certitude : les Français voteront, selon lui du fait de la crise économique, pour un autre président que l'actuel hôte de l'Elysée. Il espère bien que ce sera lui.

> Vidéo : extrait des interviews du candidat Villepin à l'issue du discours.

QG de campagne de Dominique de Vilepin dans le 6e arrondissement de Paris - Photo : VD.


Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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