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Alexis Corbière défend la mémoire des noms de la Révolution française

XIIe arrondissement : la révolution souffle sur Paris.


     

Paris Tribune fait sa rentrée culturelle avec la poursuite du feuilleton sur l'exploration de la période révolutionnaire : le voeu présenté avant l'été au conseil de Paris par Alexis Corbière (groupe PC/FG) conseiller du XIIe arrondissement.


9 Septembre 2013 - 19:45

Après avoir commémoré le 220e anniversaire de la naissance de la Révolution française en septembre 2012, Paris Tribune, continue tout au long de l'année 2013 d'explorer la période révolutionnaire où la décapitation de Louis XVI marque la transformation radicale de la société française.

Depuis 1793, le peuple Français n’est plus composé de sujets mais de citoyens. Et il aspire toujours à une vie meilleure depuis les 220 années qui se sont écoulées après la destruction de l’ordre ancien.

Un voeu rejeté au conseil de Paris

Après un voeu déposé en juin 2011 au conseil de Paris pour une rue Robespierre, voeu rejeté qui a dévoilé que le Maire de la capitale ne connaissait pas la rue Thiers à Paris, c'est le tour de Marat. Lors du conseil de Paris le 10 juin 2013, Alexis Corbière, conseiller de Paris du XIIe arrondissement, dépose un voeu "pour que Paris rende hommage aux grandes figures de la Révolution française". Pour le conseiller de Paris du Front de Gauche, "la Révolution française n'a pas été qu'un moment négatif". Il a expliqué pourquoi à Paris Tribune après le rejet du voeu.

Paris Tribune : Monsieur Corbière, bonjour. Vous souhaitez qu'on parle davantage de Robespierre et cette année de Marat. Pour quelles raisons ?

Alexis Corbière : "Oui aujourd'hui je voulais qu'on parle de Marat, de Saint-Just, de Pauline Léon, de Claire Lacombe... Bref on a là des grands personnages de la révolution française qui ont joué un rôle déterminant notamment des grandes figures soit du Grand Comité de Salut Public ou durant la Convention et qui sont effacés aujourd'hui de Paris. Le paradoxe c'est que sans doute si on fait appel à nos concitoyens qu'on faisait un petit questionnaire dans la rue "quels sont les grands noms des révolutionnaires ?" immédiatement les gens diraient Robespierre, Danton sans doute mais aussi Marat ou Saint Just et, il faut savoir que ni Robespierre ni Marat n'ont droit à une rue dans Paris. Même la petite histoire devrait souligner qu'ils sont dans une statue au sein du Panthéon qui rend hommage à la Convention où Robespierre et Marat sont représentés et ils n'ont pas de rue.

C'est une histoire complexe parce qu'il y a eu une place Robespierre à la Libération de 1946, quand c'était un conseil municipal majoritairement de gauche et puis sitôt en 1951 quand ça a été une autre majorité il a été débaptisé. Il y a eu une rue Marat à Paris qui a été nommé peu de temps après sa mort, Marat est rentré au Panthéon et lors de l'épisode de Thermidor quand, vous le savez, les membres du Comité de Salut Public sont exécutés, cette rue est débaptisée, le corps de Marat est effacé du Panthéon. En 1906 encore à nouveau le conseil municipal de Paris décide de faire construire une statue en hommage à Jean-Paul Marat, elle est construite, elle est même mise dans le jardin des Buttes-Chaumont et en 1942 le Gouvernement de Vichy fait fondre et fait détruire cette statue de Marat.

Donc vous voyez, il y a des personnages selon les époques... tout cela et très politique évidemment, l'histoire et la politique se mêlent. Donc moi je défends la mémoire de ces gens-là, je dirais bien sûr parce que, je me reconnais dans une certaine oeuvre politique qu'ils ont menées, qu'ils ont accompli, de ceux qui ont défendu la République dans un moment difficile, ont participé au fait qu'en septembre 1792 la République se met en place, je ne dis pas qu'elle soit proclamée car elle n'a jamais vraiment été proclamée
(*) mais du moins qu'elle soit mise en oeuvre ; et puis je n' accepte pas que tous ces personnages soient effacés et qu'une lecture, une certaine lecture historique aujourd'hui s'impose, qui consisterait à dire que tout ça n'était que violences et que ses personnages ne sont que à voir à l'aulme de ce que l'on a appelé la Terreur, je crois qu'il y a une oeuvre politique importante qui a été accompli par ces gens-là et c'est d' abord de consolider les bases de la Révolution et d'empêcher que toutes les troupes contre-révolutionnaires, les monarchies étrangères qui envahissaient le territoire français puissent l'emporter.

C'est une histoire complexe, j'ai envie de dire que dans toute sa richesse elle doit exister dans Paris. D'autres personnages ont droit à des rues, Lafayette, ou je pense à Malesherbes qui défendait le Roi, je pense à Mirabeau, je pense à Danton, je crois que Marat et Robespierre y ont aussi leur place"
.

Paris Tribune :
- Est-ce qu'au-delà vous souhaitez que les Français ne soient pas amnésiques avec leur propre histoire, avec eux-mêmes ?
- Nous sommes 220 ans après la proclamation de la république est ce que le climat politique d' aujourd'hui vous fait penser au climat politique de cette époque ?


Pour écouter les réponses d'Alexis Corbière : voir la vidéo ci-dessous ou sur Facebook avec des commentaires.


* Note de la rédaction : Le 22 septembre 1792 , la Convention date les actes publics de l'An 1 de la République. La Convention nationale proclame l'unité et l'indivisibilité de la République le 25 septembre 1792.
Source : "Journal officiel de la Convention Nationale - La Convention Nationale (1792-1793), Procès-verbaux officiels des séances depuis le 21 septembre 1792, Constitution de la grande assemblée révolutionnaire, jusqu'au 21 janvier 1793, exécution du roi Louis XVI, seule édition authentique et inaltérée contenant les portraits des principaux conventionnels et des autres personnages connus de cette sublime époque", auteur non mentionné, Librairie B. Simon & Cie, Paris, sans date.


7e arrondissement de Paris - En 2005, la France refuse à la Suisse la pose d'une plaque commémorant le courage de la garde Suisse, en témoignage de reconnaissance et d’amitié au peuple suisse. Le massacre de la garde Suisse le 10 août puis les 2 et 3 septembre 1792 marque le début de la Terreur. Cette plaque était destinée à la Chapelle expiatoire, ancien lieu du charnier où les corps ont été jetés. Le Maire de Paris, soutenu par le Ministre de la Culture, met son veto. La plaque est alors remise au Musée des Invalides et personne ne l'a plus jamais revue. Le Musée des Invalides, c'est 3700 mètres carrés répartis sur deux étages de l’aile Orient des Invalides. Rénové et restauré, il présente au public depuis novembre 2009 les nouvelles salles du Département Moderne, de 1643 à 1870, de Louis XIV à Napoléon III - Photo : Kadellar sous licence creative commons.
7e arrondissement de Paris - En 2005, la France refuse à la Suisse la pose d'une plaque commémorant le courage de la garde Suisse, en témoignage de reconnaissance et d’amitié au peuple suisse. Le massacre de la garde Suisse le 10 août puis les 2 et 3 septembre 1792 marque le début de la Terreur. Cette plaque était destinée à la Chapelle expiatoire, ancien lieu du charnier où les corps ont été jetés. Le Maire de Paris, soutenu par le Ministre de la Culture, met son veto. La plaque est alors remise au Musée des Invalides et personne ne l'a plus jamais revue. Le Musée des Invalides, c'est 3700 mètres carrés répartis sur deux étages de l’aile Orient des Invalides. Rénové et restauré, il présente au public depuis novembre 2009 les nouvelles salles du Département Moderne, de 1643 à 1870, de Louis XIV à Napoléon III - Photo : Kadellar sous licence creative commons.

Voeu présenté par Alexis Corbière du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris

Pour que Paris rende hommage aux grandes figures de la Révolution française

Donner le nom d’une femme ou d’un homme à une rue de Paris n’est pas un acte anodin. C’est une haute responsabilité qui revient au Conseil de Paris. Une fois ce choix effectué et gravé dans la pierre, c’est une mémoire qui est transmise aux générations futures de parisiens, généralement pour longtemps.

Paris, par le nom de ses rues, mais aussi de certains de ses bâtiments, préserve ainsi une marque profonde, complexe et quelque fois contradictoire, de la longue et tumultueuse histoire de notre pays.

La République française, à laquelle la quasi unanimité de nos concitoyens sont désormais attachés, est née dans le fracas de la grande Révolution française qui mis fin pour la première fois en Europe à l’inique système monarchique. Ce moment fondateur a marqué la capitale, et la marque encore, plus de deux siècles plus tard. Mais, à bien y regarder, la toponymie de Paris nous montre une trace très déformée de ce grand évènement.

Plusieurs des grandes figures de la Révolution française, qui y ont joué un rôle politique essentiel, et dont les noms sont connus de tous les français, se voient encore comme interdites de cité, alors que d’autres très controversés ont une voie portant leur patronyme. Ces grands absents restent bien vivants dans la conscience de nos concitoyens, mais pour combien de temps ? S’il est bien sûr impossible de rendre un hommage exhaustif à tous ceux qui furent les acteurs de la Révolution, la représentation parisienne peut néanmoins corriger quelques anomalies flagrantes. De plus, il convient de remarquer que des femmes qui ont joué un rôle déterminant durant la grande Révolution sont totalement effacées, oubliées et donc méprisées.

Le Conseil de Paris doit réparer ces injustices et ces « trous de mémoires » que rien ne justifie.

C’est pourquoi, sur proposition d’Alexis Corbière, du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris demande :

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Jean-Paul Marat (1743 – 1793). Surnommé « l’Ami du peuple », Marat fut médecin, physicien, journaliste et aussi député de Paris en 1792 à la Convention. Assassiné par Charlotte Corday, ses restes furent installés pendant quelques mois au Panthéon tant l’émotion fut grande à l’annonce de son décès. Mais, durant la période dite de « Thermidor », son corps en fut retiré. En 1906, le Conseil municipal de Paris décida d’ériger une statue lui rendant hommage au Buttes Chaumont. En 1942, le régime de Vichy et l’occupant ordonnèrent
qu’elle soit fondue.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Louis Antoine de Saint-Just (1767 – 1794). « Saint Just » fut un des plus jeunes députés à la Convention. Il y défendra sans relâche l'égalité et la vertu. L'efficacité de ses missions redressera la situation de l'armée du Rhin et participera à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Il fit notamment voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est aussi l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793. Si dans le 17e arrondissement, une petite rue porte déjà le nom de Saint-Just, selon nombre d’historiens elle n’honore pas le député mais un médecin ayant vécu dans le quartier au 19e siècle.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Pauline Léon (1768 – 1838). En juillet 1793, Pauline Léon fonde avec Claire Lacombe « la Société des républicaines révolutionnaires », Société exclusivement composée de femmes, aux revendications sociales et féministes. Le 6 mars 1792, Pauline Léon se rend à la tête d'une délégation de citoyens à la barre de la Législative, fait inédit pour une femme, où elle lit une adresse signée par 320 Parisiennes demandant la permission d'organiser une garde nationale féminine.

- qu’une rue de Paris (ou un lieu public) porte le nom de Claire Lacombe (1765 –1798 ?). Avec Pauline Léon, Claire Lacombe a fondé la Société des républicaines révolutionnaires qui eut une importance significative à Paris durant la Révolution. Le 12 mai 1793, les Républicaines Révolutionnaires, à son initiative, demandent le droit de porter les armes pour les femmes afin de combattre en Vendée.

Le feuilleton de Paris Tribune

Articles :
- 10 avril 1793 - 10 avril 2013 : La Révolution s’emballe il y a 220 ans.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 2.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 3.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 4.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 5.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 6.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 7.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 8.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 9.

- 7 novembre 2012 : Le procès de Louis XVI sur Paris Tribune.
- 3 décembre 2012 : Le Procès du Roi, il y a 220 ans.
- 8 décembre 2012 : Louis XVI peu avant le début de son procès.
- 10 décembre 2012 : Rapport Lindet : historique de la conduite du Roi Louis XVI avant son procès.
- 11 décembre 2012 : "Louis, le peuple français vous accuse".
- 21 janvier 2013 : Fin tragique de Louis XVI.

- Partie 1 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 2 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 3 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 4 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 5 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 6 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 7 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 8 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 9 - dernière partie : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?

- 24 septembre 2012 : « La République est une et indivisible » depuis 220 ans
- 22 septembre 2012 : 220e anniversaire de la naissance de la République.
- 10 août 2012 : 220e anniversaire de la chute de la Monarchie.

- 5 octobre 2011 : Qui convoite la place au métro Convention ?
- 22 juin 2011 : Le Maire de Paris ne connaît pas la rue Thiers.
- 11 juin 2011 : Une guillotine à l’Hôtel Drouot.







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