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La Révolution s’emballe - Partie 7

Les Révolutionnaires se dévorent les uns les autres.


     

Du 13 au 24 avril 1793, avec 48 sections parisiennes et l’intervention du Maire de Paris, les montagnards luttent avec acharnement contre les girondins qui les accusent de dévoyer les objectifs de la Révolution et ceux de la République.


25 Avril 2013 - 00:00

Rappel : Marat est décrété d’accusation. Le montagnard est en prison dans l’attente d’être présenté au tribunal révolutionnaire. 48 sections parisiennes font signer une pétition pour le sauver.

Le girondin Boyer-Fonfrède accuse les sections parisiennes qui sont dans la main des montagnards de vouloir dicter à l’ensemble de la Nation, à tout le territoire, leurs vœux et décisions alors qu’ils ne sont qu’une minorité et qu’ils n’ont le contrôle que de la capitale.

Rousselin défend les montagnards parisiens

Les commissaires, le Maire de Paris à leur tête, sont introduits. Les tribunes applaudissent. Le Maire de Paris, Jean-Nicolas Pache élu le 11 février 1793 annonce que les quarante·huit sections ont nommé des commissaires pour rédiger une pétition qui a été reportée aux sections et dans les communes du département, à laquelle ont adhéré trente-cinq des premières et une des secondes ainsi que le conseil général de la commune de Paris, qui a chargé le Maire d’accompagner les commissaires devant la Convention nationale.

Rousselin, orateur de la députation des pétitionnaires s’exprime :

"Législateurs, les Rois n’aiment pas la vérité ; leur règne passera ; le peuple la veut partout et toujours : ses droits ne passeront point. Nous venons demander vengeance des outrages sanglants, faits depuis si long-temps à ses droits sacrés.

Les parisiens ont commencé les premiers la Révolution en renversant la Bastille, parce qu’elle dominait de plus près sur leur fête ; c'est ainsi qu'ils viennent aujourd'hui attaquer la nouvelle tyrannie ; parce qu'ils en sont les premiers témoins : ils doivent jeter les premiers, dans le sein de la France, le cri de l'indignation.

Ils ne viennent pas faire acte exclusif de souveraineté, comme on les en accuse tous les jours ; ils viennent émettre un vœu auquel la majorité de leurs frères des départements donnera force de loi : leur position seule leur donne l'initiative de la vengeance.

Nous reconnaissons ici solennellement que la majorité de la convention est pure, car elle a frappé le tyran : ce n'est donc point la dissolution effrayante de la Convention, ce n'est point la suspension de la machine politique que nous demandons, loin de nous cette idée vraiment anarchique.

Nous venons, armés de la portion d'opinion publique du département de Paris tout entier, provoquer le cri de vengeance que va répéter la France entière ; nous allons lui indiquer les attentats et les noms de ses perfides mandataires. Les crimes de ces hommes sont connus (…).

Ah ! Ne viens pas dire, Pétion *, que le peuple change ! Ce sont les fonctionnaires qui changent.
Le peuple est toujours le même ; son opinion a toujours suivi la conduite de ses mandataires : il a poursuivi les traîtres sur le trône, pourquoi les laisseraient-ils impunis à la Convention ?

Le temple de la liberté serait-il donc comme ces asiles d’Italie où les scélérats trouvaient l’impunité en y mettant le pied ? La République aurait-t-elle donc pu renoncer au droit de purifier sa représentation ?

Non, sans doute ! La révocabilité est son essence ; elle est la sauvegarde du peuple : il n’a point anéanti la tyrannie héréditaire pour laisser aux traîtres le pouvoir de perpétuer impunément les trahisons.

Déjà le décret de cette révocabilité, droit éternel de tout commettant, se prononce dans tous les départements de la République ; déjà l'opinion unanime s'élance pour vous déclarer la volonté d’un peuple outragé : entendez-la !

Nous demandons que cette adresse, qui est l’exposition formelle des sentiments unanimes, réfléchis et constants du département de Paris, soit communiquée à tous les départements par des courriers extraordinaires, et qu’il y soit annexée la liste ci-jointe de la plupart des mandataires coupables du crime de félonie envers le peuple souverain, afin qu’aussitôt que la majorité des départements aura manifesté son adhésion, ils se retirent de cette enceinte"
. (Applaudissements des Tribunes)

Les montagnards parisiens dénoncent les chefs girondins

"Ce sont Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Grangeneuve, Buzot, Barbaroux, Biroteau, Pontécoulant, Pétion, Lanjuinais, Valazé , Hardy, Louvet, Lehardy, Gorsas, Fauchet, Lanthenas, Lasource, Valady, Chambon" (mêmes applaudissements).

Tous les chefs girondins sont ainsi dénoncés. Marat le montagnard acharné est en prison dans l’attente d’être présenté au tribunal révolutionnaire. La division au sein de la Convention est une fracture profonde. Qui aura le pouvoir ? Qui va perdre la tête ?

Le Président de la Convention informe les pétitionnaires qu’ils doivent, en vertu d’un décret, signer individuellement leur demande. Ils satisfont à cette invitation : un huissier recueille les signatures.

Statue de Jean-Nicolas Pache (1746 - 1823) sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Maire de Paris du 14 février 1793 au 10 mai 1794, il est confronté à une crise des denrées alimentaires, à l'augmentation des prix ainsi qu'à de nombreuses manifestations des sections parisiennes - Photo : Vassil sous licence creative commons.
Statue de Jean-Nicolas Pache (1746 - 1823) sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Maire de Paris du 14 février 1793 au 10 mai 1794, il est confronté à une crise des denrées alimentaires, à l'augmentation des prix ainsi qu'à de nombreuses manifestations des sections parisiennes - Photo : Vassil sous licence creative commons.

Le Maire de Paris signe la pétition

Le membre de la Convention Pénières observe que le Maire de Paris n’a pas signé. Celui-ci répond d’abord par une esquive en précisant qu’il n’est pas pétitionnaire, que le conseil général de la commune l’a seulement chargé d’accompagner des sections. Puis, après ce temps de réflexion, il lance :

"Au reste, pour ne laisser aucun doute sur mes sentiments, je vais signer !" (vifs applaudissements des Tribunes)

Le Président de la Convention, le montagnard de Haute-Garonne Delmas, répond aux pétitionnaires :

"Citoyens, un décret solennel invite tous les français à dénoncer et à surveiller lorsque l’intérêt public le commande. Vous avez cru devoir faire cette démarche pour l’intérêt de la République : la Convention examinera votre pétition. Elle vous invite aux honneurs de la séance" (applaudissements des Tribunes).

Le Président profite de la présence du Maire de Paris pour passer à un sujet concret :
"Citoyen Maire, l’assemblée désire connaître l’état des subsistances de la ville de Paris".

Après la réponse jugée satisfaisante du Maire de Paris, c’est de nouveau le girondin Boyer-Fonfrède qui demande la parole : "J’ai des demandes et des observations à faire (...)"

A suivre sur Paris Tribune...


* Jérôme Petion de Villeneuve : Président de la Convention du 20 septembre 1792 au 04 octobre 1792. Il a été le premier à occuper ce poste. Il est girondin et est élu de l’Eure-et-Loir Ancien président de l’assemblée législative du 4 au 20 décembre 1790.

Bibliographie :
Débats de la Convention Nationale ou analyse complète des séances - Tome IV Paris - A Bossange et Baudouin Frères - 1828.
Site : http://www.assemblee-nationale.fr

La devise de la République française "Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort" affichée sur des pancartes annonçant la vente des biens nationaux sur les murs des édifices publics parisiens par le Maire de Paris Jean-Nicolas Pache élu le 11 février 1793 suite à la démission de Nicolas Chambon maire girondin. Mis en cause, il est remplacé le 10 mai 1794 par Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, montagnard. Il échappe à la guillotine. Source : Hector Fleischmann, La guillotine en 1793, Paris - Librairie des Publications Modernes, 1908.
La devise de la République française "Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort" affichée sur des pancartes annonçant la vente des biens nationaux sur les murs des édifices publics parisiens par le Maire de Paris Jean-Nicolas Pache élu le 11 février 1793 suite à la démission de Nicolas Chambon maire girondin. Mis en cause, il est remplacé le 10 mai 1794 par Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, montagnard. Il échappe à la guillotine. Source : Hector Fleischmann, La guillotine en 1793, Paris - Librairie des Publications Modernes, 1908.

Articles :
- 10 avril 1793 - 10 avril 2013 : La Révolution s’emballe il y a 220 ans.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 2.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 3.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 4.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 5.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 6.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 7.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 8.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 9.

- 7 novembre 2012 : Le procès de Louis XVI sur Paris Tribune.
- 3 décembre 2012 : Le Procès du Roi, il y a 220 ans.
- 8 décembre 2012 : Louis XVI peu avant le début de son procès.
- 10 décembre 2012 : Rapport Lindet : historique de la conduite du Roi Louis XVI avant son procès.
- 11 décembre 2012 : "Louis, le peuple français vous accuse".
- 21 janvier 2013 : Fin tragique de Louis XVI.

- Partie 1 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 2 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 3 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 4 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 5 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 6 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 7 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 8 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 9 - dernière partie : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?

- 24 septembre 2012 : « La République est une et indivisible » depuis 220 ans
- 22 septembre 2012 : 220e anniversaire de la naissance de la République.
- 10 août 2012 : 220e anniversaire de la chute de la Monarchie.

- 5 octobre 2011 : Qui convoite la place au métro Convention ?
- 22 juin 2011 : Le Maire de Paris ne connaît pas la rue Thiers.
- 11 juin 2011 : Une guillotine à l’Hôtel Drouot.




Journaliste, coordinateur des articles sur l'histoire, culture et politique, ventes aux enchères. En savoir plus sur cet auteur




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