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La Révolution s’emballe - Partie 9

Les Révolutionnaires se dévorent les uns les autres.


     

Marat acquitté par le tribunal révolutionnaire revient à la Convention.


27 Avril 2013 - 00:00

La division règne au sein de la Convention. Les girondins réagissent au réquisitoire de Robespierre contre eux. On demande le décret d'accusation contre Marat. Marat le demande contre ses adversaires. Danton et Robespierre, prudemment, défendent Marat mais en vain.

Une situation explosive

Jean-Paul Marat, le député de Paris, le journaliste fondateur de "l’Ami du Peuple", l’ultra-révolutionnaire nouveau président du très influent Club des Jacobins depuis le 5 avril 1793, a été mis en accusation les 12 et 13 avril 1793. Il est arrêté et prépare sa défense. Il doit comparaître devant le tribunal révolutionnaire institué par la loi du 10 mars 1793.

Pendant ce temps, à la Convention, les montagnards et les girondins s’affrontent une nouvelle fois mais avec une rare intensité.

Les sections révolutionnaires de Paris s’en mêlent. Avec la Maire de Paris Pache, des pétitionnaires appuient les montagnards. Les tribunes sont régulièrement occupées par des sans-culottes qui manifestent leur soutien aux montagnards.

Les chefs girondins sont à leur tour accusés. Mais, en dépit des échanges vifs, aucun décret d’accusation n’est voté contre un ou plusieurs girondins.

Coup de théâtre le 24 avril 1793

Le 24 avril 1793, la séance est présidée par Marie, David, Albin Lasource dit Alba. C’est un élu du Tarn qui a été dans la montagne avant de s’en éloigner au cours de cette année 1793 pour rejoindre les girondins.

Maximilien de Robespierre expose sa vision de la propriété et des impôts légitimes. Ce discours inspire la gauche encore aujourd’hui et Paris Tribune y reviendra. Mais alors que la Convention débat, un coup de théâtre survient.

Le bruit d’une pompe triomphale. Les cris de "Vive Marat, vive la République" interrompent tout à coup la discussion. Une foule immense environne la Convention.

Quelques citoyens sont admis à la barre ; un sapeur volontaire interpelle les députés :

"Citoyen Président, je demande la parole pour annoncer que nous amenons ici le brave Marat (Applaudissements de la gauche et des Tribunes) Marat a toujours été l'ami du peuple, et le peuple sera toujours pour Marat. On a voulu faire tomber ma tête à Lyon pour avoir pris sa défense ; eh bien, s'il faut que la tête de Marat tombe, la tête du sapeur tombera avec la sienne ! Nous vous demandons, Président, la permission de défiler dans l'assemblée ; nous espérons que vous ne refuserez pas cette faveur à ceux qui ont accompagné l'ami du peuple !"

Le Président Lasource : "Citoyens, vous vous réjouissez de ce que la loi n'a pas trouvé de coupable ; c'est le sentiment de tout bon citoyen : les représentants du peuple s'en réjouissent avec vous. La Convention nationale va examiner la demande que vous lui faites de défiler dans son sein".

- "Examiner ?" s'écrie-t on à gauche avec impatience.

Le membre de la plaine, élu modéré de l’Aveyron, Jean-Pierre, Félix Rous ou Roux rétorque avec une certaine prudence :

"Les personnes ne me sont rien ; les choses doivent être tout. Je dois dire que j'ai vu avec douleur, qu'un représentant du peuple ait été traduit, sur des prétextes aussi frivoles, devant un tribunal à la formation duquel il avait lui même contribué ; mais, lorsque, après en être sorti pur et intact, il vient rentrer au milieu de vous, je pense que la Convention doit s'empresser de voir défiler devant elle des citoyens qui lui ramènent un de ses membres. Je demande donc que les citoyens obtiennent la faveur qu'ils réclament".

La demande est accordée. Le cortège entre, se répand dans la salle, et défile au milieu des chants et des cris de "Vive Marat !"

Et c’est alors que Marat, à son tour, paraît. Il est accueilli par des cris, par des trépignements portés jusqu'au délire. Il porte sur la tête une couronne de feuilles de chêne. Il a pour escorte des officiers municipaux. Les députés de la montagne le pressent, le félicitent; ils lui prodiguent les plus tendres et fraternels embrassements.

Marat monte à la tribune de la Convention. Il fait signe qu'il veut parler. Tout se tait aussitôt et dans le silence de la salle, il déclare :

"Législateurs du peuple français, les témoignages éclatants du civisme que vous venez de voir dans votre sein ont rendu au peuple un de ses représentants, dont les droits avaient été violés dans ma personne. Je vous présente en ce moment un citoyen qui avait été inculpé et qui vient d’être complètement justifié. Il vous offre un cœur pur ; il continuera de défendre, avec toute l’énergie dont il est capable, les droits de l’homme, la liberté, les droits du peuple !"

Les acclamations, les cris de joie recommencent. Marat descend de la tribune. On l’invite à remonter pour entendre la réponse du Président.

Mais le Président n’entend pas répondre. Il rappelle à la Convention que l’usage est de ne répondre qu’aux pétitionnaires et que Marat n’est point là en cette qualité, mais en tant que représentant du peuple.

Marat quitte alors la tribune tandis que le cortège défile devant la Convention en faisant retentir dans la salle les cris "Vive Marat ! Vive l’ami du peuple ! Vive la République ! Vive la montagne !"

Le séance est ensuite levée jusqu’au 1er mai 1793 tandis que les visages des girondins marquent leur assombrissement et leur inquiétude.

Marat acquitté par le tribunal révolutionnaire revient plus fort et la lutte pour le pouvoir avec la montagne est de plus en plus intense. Les girondins sont en danger.

A suivre sur Paris Tribune...


Bibliographie :
Débats de la Convention Nationale ou analyse complète des séances - Tome IV Paris - A Bossange et Baudouin Frères - 1828.
Site : http://www.assemblee-nationale.fr


Articles :
- 10 avril 1793 - 10 avril 2013 : La Révolution s’emballe il y a 220 ans.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 2.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 3.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 4.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 5.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 6.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 7.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 8.
- La Révolution s’emballe il y a 220 ans - Partie 9.

- 7 novembre 2012 : Le procès de Louis XVI sur Paris Tribune.
- 3 décembre 2012 : Le Procès du Roi, il y a 220 ans.
- 8 décembre 2012 : Louis XVI peu avant le début de son procès.
- 10 décembre 2012 : Rapport Lindet : historique de la conduite du Roi Louis XVI avant son procès.
- 11 décembre 2012 : "Louis, le peuple français vous accuse".
- 21 janvier 2013 : Fin tragique de Louis XVI.

- Partie 1 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 2 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 3 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 4 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 5 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 6 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 7 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 8 : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?
- Partie 9 - dernière partie : La Terreur sous la Révolution aurait-elle pu être évitée il y a 220 ans ?

- 24 septembre 2012 : « La République est une et indivisible » depuis 220 ans
- 22 septembre 2012 : 220e anniversaire de la naissance de la République.
- 10 août 2012 : 220e anniversaire de la chute de la Monarchie.

- 5 octobre 2011 : Qui convoite la place au métro Convention ?
- 22 juin 2011 : Le Maire de Paris ne connaît pas la rue Thiers.
- 11 juin 2011 : Une guillotine à l’Hôtel Drouot.




Journaliste, coordinateur des articles sur l'histoire, culture et politique, ventes aux enchères. En savoir plus sur cet auteur




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