Municipales à Paris : coup d’envoi de la pré-campagne à droite avec Aimer Paris

​Lancement du mouvement Aimer Paris.


Le succès de la soirée de lancement de l'association Aimer Paris en dit long sur la popularité d'Anne Hidalgo et de ceux qui, à droite, souhaitent devenir le prochain Maire de Paris.


8 Juin 2018 11:00

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Dépassée par le succès : cent cinquante personnes au bas mot assistent le 7 juin 2018 à la première réunion publique de la toute jeune association Aimer Paris, présidée par Serge Federbusch, organisée au Café du Pont Neuf dans le 1er arrondissement de Paris : "Cela ressemble à la Ligne 13 ! Il nous faut des pousseurs !"

Le point commun entre les participants, dont beaucoup de représentants d'associations, est de se rencontrer pour échanger sur leur ressenti : la Ville de Paris non seulement ne serait pas gérée comme elle devrait l'être et son prestige, son organisation, son fonctionnement, ses finances et la qualité de vie laissent à désirer.
 
"Vous n'êtes pas seul, et ce sentiment de ras-le-bol, il est fondé sur des faits objectifs. Ce n'est pas nous-mêmes qui imaginons cela dans notre coin tout seul. Quand on a une difficulté, comme la circulation, il faut essayer de voir ce qu'on peut faire de façon collective. On va parler de l'existant, qui est décevant et catastrophique, mais on va surtout parler du futur. Car ça ne sert à rien, en réalité, de ressasser en permanence les problèmes de circulation, avec l'évaporation de la circulation sur les quais hauts, cela ne sert à rien de regretter que la Ville de Paris soit sale comme jamais elle ne l'a été. Jack Lang lui aussi le déplore, peut-être est-il candidat pour la Nième fois ? Quand il surgit comme ça, ça sent vraiment le roussi pour ceux qui sont déjà en place !"
Serge Federbusch, président de l'association Aimer Paris, ouvre la première réunion publique, le 7 juin 2018.

Jean-François Legaret annonce deux scoops

Jean-François Legaret prononce un mot de bienvenue, car "la réunion se déroule dans le 1er arrondissement" dont il est le maire. A Serge Federbusch, il rappelle qu'ils se connaissent depuis longtemps et qu'ils n'ont "pas partagé absolument les mêmes options" mais qu'ils ont "quelques points communs" : "nous aimons Paris et nous aimons le travail sur des dossiers parisiens".

Il le met pourtant en garde après avoir salué son initiative à laquelle il "essaiera d'y participer" : "La vie d'un maire d'opposition à Paris n'est pas exaltante" sans s'étendre sur le sujet indique sobrement le maire du 1er arrondissement depuis 17 ans.

Puis il tend la main au président d'Aimer Paris en présence de tous les présents et il annonce deux scoops :
 
"Je travaille aussi sur d'autres projets. C'est la raison pour laquelle j'ai aussi constitué une association qui s'appelle "100 % Paris". Vous voyez que ce n'est pas très éloigné. Cette association a justement pour objet de donner des instruments d'évaluation précis sur les éléments de la gestion de Paris comparé à la gestion d'autres grandes villes (...) J'en ai déjà dit un mot à Serge, il le sait, mais je pense qu'on peut avoir des complémentarités. Et puis j'ai également pris une autre initiative, c'est de créer une association dont j'ai pris la présidence qui s'appelle très modestement "Institut international pour le rayonnement de Paris".
Jean-François Legaret (LR) maire du 1er arrondissement de Paris, après son introduction.


Aimer Paris aurait donc pris les devants. Jean-François Legaret précise :"chacun à sa place" .
 
"Voilà les sujets sur lesquels je vais m'impliquer et j'ai l'intention d'agir. C'est pas de la politique politicienne mais aimer Paris c'est cela. Je pense que nos actions peuvent être complémentaires, chacun à sa place. Donc je souhaite beaucoup de réussite et de bonheur à tous ceux qui participeront à ton aventure et redire que je pense que nous pouvons avoir des complémentarités sur lesquelles on pourra certainement faire des débats utiles. En tout cas, bravo pour cette initiative et je vous souhaite le succès. Merci."
Jean-François Legaret (LR) maire du 1er arrondissement de Paris, avant de quitter la réunion.


Les personnes affluent et les chaises manquent. Elles viennent de plusieurs arrondissements et observent le silence lors du message du maire du 1er arrondissement.

Charles Beigbeder lance le débat

Serge Federbusch présente la rédactrice en chef de Boulevard Voltaire puis le président de son Comité de Soutien, Charles Beigbeder. Les deux hommes ont mené campagne aux municipales de 2014 pendant 8 semaines. Ils ont ainsi été tous les deux exclus de l'UMP par Gérald Darmanin qui leur avait reproché de n'avoir pas été fidèle au parti, avant qu'à son tour ce dernier ne se fasse également exclure des Républicains pour des raisons similaires.
 
"Je suis très heureux que tu te lances dans cette bataille et c'est un plaisir de voir Jean-François Legaret le maire du 1er arrondissement. Serge et Jean-François, ce sont les deux personnes qui connaissent sans aucun doute le mieux les problèmes à Paris, les dossiers, les fondamentaux. A la fin de la journée, comme disent les Américains, qu'est-ce qu'on veut ? On veut une équipe qui sache gérer cette ville et dans tous les sujets ! (...) Il faut revenir aux fondamentaux !"
Charles Beigbeder, président du Comité de soutien à Serge Federbusch.
 

Le thème politique de la soirée de lancement de l'association est "Paris 2020 : une élection capitale. Sortir Hidalgo sans donner la mairie à Macron". 

Charles Beigbeder lance le débat :
 
​"Est-ce qu'il faut politiser cette élection ? Je suis dans l'opposition, il faut construire une opposition, parce qu'il faut toujours dans une démocratie une alternance. En 2017, beaucoup de Parisiens ont soutenu Emmanuel Macron. Encore aujourd'hui, dans les sondages, s'il y avait un vote aujourd'hui, il serait en très très bonne position. Donc attention, à trop taper sur Macron - sur Hidalgo je suis d'accord - attention à ne pas se tromper de combat. Le combat à mon avis, c'est d'abord "comment on fait pour gérer cette ville ? C'est urgentissime ! Et toi tu as cette capacité, cette crédibilité, cette connaissance des vrais problèmes des sujets fondamentaux qui touchent les Parisiens, donc à mon avis, ne te galvaude pas par un positionnement trop politicien !"

Liberté de parole

"Vous voyez, la liberté de parole, la liberté de questionnement est totale", se félicite Serge Federbusch. 
 
"J'ai toujours considéré que c'est nous tous qui devons gagner et c'est surtout Paris. Un mandat de plus d'Anne Hidalgo, ce serait une catastrophe ! Et je crois aussi qu'un mandat de Benjamin Griveaux ce serait une catastrophe ! Il ne s'agit pas de faire de la politique politicienne (...)"

Il déclare à l'assistance que Benjamin Griveaux, ayant été directeur de la communication d'Unibail-Rodemco en France avant d'entrer au gouvernement, "ce serait un peu comme faire entrer le loup dans la bergerie vous voyez" !

Parmi les formations politiques invitées à la première réunion publique d'Aimer Paris, Debout la France et le Rassemblement National.
 

Debout la France

Dominique Mahé est Déléguée nationale Debout la France aux Petites Entreprises, Artisans, Commerçants. Elle centre son intervention sur les problèmes des commerçants à Paris, du fait de l'installation de supérettes et surpermarchés dans Paris.

Rassemblement National

Aurélien Legrand est conseiller régional d'Ile-de-France de l'Essonne (91), secrétaire départemental de la fédération Rassemblement National (ex-FN) de Paris depuis septembre 2017 et membre du nouveau Conseil National du Rassemblement National. Il insiste sur le score de 10 % au minimum à atteindre aux élections pour pouvoir être élu à Paris.

Première réunion réussie

L'objectif de la soirée est atteint : avoir mené des incursions politiques. Le public semble satisfait.

La première réunion étant une réussite, le plus dur reste à faire pour les membres de la nouvelle association. Serge Federbusch cite le Général de Gaulle qui avait donné un jour ce conseil : "Soyez centripète et pas centrifuge !" c'est- à-dire "attirer, rassembler" répète le président d'Aimer Paris pour qui, Hidalgo ou Griveaux, "tout a été fait pour que rien ne change".

Pourtant, il n'y a qu'une seule chose qui ne change pas, c'est le changement.

 

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Journaliste tahitienne. Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales… En savoir plus sur cet auteur
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