Le flâneur de la rue Drouot

Une histoire peut naître à l’occasion d’une vente aux enchères à l'Hôtel Drouot dans le 9e arrondissement.


Rêvons un peu avec l’étude Digard pour sa vacation du 23 mars 2012.


23 Mars 2012 - 08:38
     

Un flâneur marche Rue Drouot dans le 9e arrondissement de Paris. Il ne résiste pas à la tentation de visiter l’Hôtel des Ventes. Quelles découvertes seront les siennes ? Au moins un plaisir cérébral, flairer la bonne affaire, se distraire ou tout simplement rêver dans ce musée gratuit et éphémère au renouvellement quotidien. Les œuvres défilent et sous l’effet du printemps c’est une histoire qui naît.

L’étude parisienne de commissaires priseurs Digard disperse des tableaux et œuvres d’art exposés encore le 23 mars 2012 de 11h à midi dans la salle 10 où se tiendra la vente le même jour à partir de 14 heures. Des frais de 25 % TTC s’ajoutent aux prix d’adjudication pour les objets vendus volontairement.

C’est en regardant un fusain de Charles Maurin (1856-1914), lot 9, estimé de 400 à 600 euros, 60 x 43 cm, signé mais avec quelques piqures, qu’il songe aux quatre personnes s’adonnant à la lecture. 3 hommes et une femme. Tous sérieux et absorbés, assis dans une salle de pas perdus, journaux ou autres feuillets à la main.

Sous le chignon de cette femme, quelles images se bousculent-elles ? Un souvenir de Venise ? Serait-ce la scène peinte par Fernand Legout-Gérard (1856 - 1924), le lot 19, un pastel signé d’environ 35,5 sur 20 cm évalué de 1000 à 1200 euros ?

Ah, qu’elle aimerait qu’un homme joue la sérénade sous sa fenêtre. Le joueur de guitare d Ernest Meissonier (1815 -1891) est décidemment séduisant. Il figure en lot 60, huile sur panneau, signée du monogramme,
13,5 x 10 cm, et le prix d’adjudication devrait se situer entre 1600 et 2000 euros.

Ou bien songe-t-elle à partir prier à la cathédrale de Chartres ? Elle se rappelle de la Rue de la Porte Guillaume qui y mène directement à l’ombre de maisons anciennes. Et cette image correspond au lot 37, une œuvre de Pierre-Gaston Rigaud, (1874 - 1939), technique mixte sur carton, 46 x 35,5 cm, signée et datée 1910, d’une valeur de 150 à 200 euros.

Cela la consolera des avares et des avaricieux que la gente féminine connaît bien. Tous ces hommes qui ne veulent rien débourser. Et que l’Avare de Jules Boilly (1796 - 1874)
 est ressemblant, lot 8, crayon réhaussé d'encre brune, 23,6 x 20,7 cm à vue, estimé 300 à 400 euros.

Mais l’homme au chapeau, en premier plan, à quoi peut-il penser en lisant son journal ? Il semble si absorbé par les nouvelles que l’on peut croire que c’est une posture. Il repense à sa soirée dans une loge au théâtre où la femme devant lui avait des attraits, une fière poitrine, dont il est difficile de ne pas se souvenir.

C’est celle du lot 13, aquarelle signée du monogramme de Jean-Louis Forain (1852 - 1931), 11 x 8 cm à vue, et évaluée de 800 à 1 000 euros. Il est vrai que les seins des femmes l’obnubilent. Il aurait aimé acquérir la jeune fille au vase renversé, une femme fontaine, au regard détaché, aux seins ronds, à la sensualité éveillée, d’Henri Lehmann (1814 - 1882), lot 53, huile sur toile marouflée sur plaque de métal, signée du monogramme et datée 1879 en bas vers la droite, 
38 x 49 cm, pour laquelle le marteau du commissaire priseur devrait tomber entre 2000 et 3000 euros.

Quant au personnage au centre avec sa canne, il plie déjà le journal. Sans doute entend-il rentrer chez lui, au plus vite. C’est vrai que le quartier de Montmartre est unique. Et c’est le thème du lot 104, Marcel Leprin (1891 - 1933)
 
huile sur toile
 signée en bas à gauche,
 46 x 55 cm, estimée 3000 à 4000 euros.

Et le dernier homme, que l’on remarque de dos, notre flâneur croit que sa pensée vagabonde vers une belle jeune femme à l’ombrelle dans un Parc sous le soleil printanier, si élégante avec son chien dont elle est la maîtresse aimée, alors que lui ne l’atteint pas. Lot 59, Ernest Meissonier (1815-1891),
 Femme à l'ombrelle
, huile sur panneau
 signée du monogramme et datée 1882 en bas à droite,
23 x 17,2 cm. Mais pour la saisir, l’expert considère que l’adjudicataire devra enchérir de 5000 à 6000 euros.

C’est empreint de nostalgie que le regard du promeneur en train de quitter la salle d’exposition s’arrête sur l’œuvre d’Auguste Barthélemy Glaize (1807-1893),
 Le Tonneau des Danaïdes, lot 72, Huile sur toile signée et datée 92 en bas à gauche
 67 x 100 cm, estimée de 4000 à 6000 euros.
Lot 10 : Charles Maurin (1856 - 1914) La lecture (c) Etude Digard.
Lot 10 : Charles Maurin (1856 - 1914) La lecture (c) Etude Digard.

Décidément, la vie humaine est résumée par cette œuvre : emplir avec espoir ou céder au découragement dans le défi de remplir un tonneau percé. Et, la gorge humectée de gouttes de Jouvence, le flâneur de la rue Drouot ragaillardi se promet de venir le 23 mars 2012 à la vente.
Lot 72 : Auguste Barthélemy Glaize (1807-1893) 
Le Tonneau des Danaïdes (c) Etude Digard.
Lot 72 : Auguste Barthélemy Glaize (1807-1893) 
Le Tonneau des Danaïdes (c) Etude Digard.

Rêvons un peu avec l’étude Digard pour sa vacation du 23 mars 2012
Il appartient aux personnes désirant porter des enchères de vérifier l'état des lots et de prendre toutes les informations auprès du commissaire-priseur qui réalise la vente et de l'expert.



Mots-clés de l'article : 9e arrondissement, digard, drouot, vente aux enchères

Journaliste, coordinateur des articles sur l'histoire, culture et politique, ventes aux enchères. En savoir plus sur cet auteur

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