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Martin Hirsch : "On associe les jeunes aux sports et non aux solidarités ou au développement"

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Invité par l'Institut Catholique de Paris rue d'Assas, le Haut-Commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse s'est exprimé hier devant des jeunes venus du Tout-Paris.


15 Octobre 2009 - 09:48


"La plus belle chose que la société est en train de léguer aux Jeunes : les dettes des Vieux"

La pauvreté a changé de visage : elle s'est rajeunie. Grâce à la montée en puissance des retraites et du travail des femmes, les plus de 60 ans ont vu leur niveau de vie augmenter. Le taux de pauvreté est de 25% chez les moins de 25 ans contre 12% chez les plus de 60 ans. Auparavant liée au chômage, la pauvreté est désormais liée à un problème de redistribution : il y a les pauvres qui travaillent et les pauvres qui sont exclus du travail. A revenu égal, un jeune est pénalisé : il a moins de chance de trouver un logement, etc…
La notion de solidarité se pose : solidarité obligatoire ou facultative ? En même temps que les solidarités facultatives reculent avec le sentiment que quand on a payé ses cotisations, on est quitte vis-à-vis des autres, la société se trouve face à un certain scepticisme. En panne de principes, engloutie dans un système d’aides en fonction du statut des personnes et non pas en fonction de leur situation, elle juge qu'il n'est pas nécessaire de changer, puisqu'on aurait beau faire, cela ne changerait rien. Cas atypique, la France est le pays où la pauvreté augmente quand les dépenses sociales augmentent.

Changer de postulat et intégrer que "Nul jeune n'est nul en tout"

Martin Hirsch considère que son travail consiste à démontrer ce qui n'est pas nul chez les jeunes. Car si "nul jeune n'est nul en tout" et que certains sont pourtant considérés comme nuls, c'est que la société est nulle. Il faut donc que la société détecte en quoi un jeune est bon, pour qu’il s’engage par exemple dans des projets civiques.
La société française fonctionne comme une centrifugeuse qui va vite : ceux qui tournent vite payent pour ceux qui sont envoyés à la périphérie, jugés moins capables. Et les jeunes sont les derniers servis. Actuellement, la périphérie augmente ce qui ralentit le système. Il faudrait moins centrifuger pour aider ceux qui se trouvent exclus et abaisser la barre.

On devient Vieux quand on n'a plus d’utopies. Pour bien grandir et bien vieillir, le docteur Hirsch préconise justement de garder sa soif d’utopies, une soif que l’on a jeune.



Mots-clés de l'article : 6e arrondissement, jeunes, martin hirsch

Vaea Devatine
Formations universitaires modestes, en droit, en sciences sociales appliquées, en langues et... En savoir plus sur cet auteur




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