Claude Goasguen et Jean-Marc Fedida

Claude Goasguen surprend par le choix de son avocat.


Claude Goasguen et un avocat politique connu pour avoir combattu l’Etat RPR à la Mairie de Paris.


28 Mai 2012 - 12:03
     

Aucun avocat de droite ne séduit Claude Goasguen pour sa défense.
Pourquoi Claude Goasguen, élu UMP, député maire du 16e arrondissement de Paris a-t-il choisi un avocat dont la notoriété s’est développée par ses attaques contre la Mairie de Paris, Jacques Chirac, Alain Juppé et la famille Tiberi ?

La question est pour l’instant sans réponse.

Evidemment Jean-Marc Fedida est un avocat pénaliste connu. C’est un avocat politique. Il s’intéresse à la chose publique et publie des articles. Il plaide dans des affaires politico-financières. Secrétaire de la Conférence des avocats en 1993 aux côtés notamment d’Arnaud Montebourg, il devient ami avec le futur ministre du Gouvernement Ayrault.

Surtout, il se fait connaître avec l’association des contribuables parisiens pour « lancer les premières banderilles contre l’Etat RPR de la Ville de Paris » (1). Ce sont des actions contre des attributions de logements ou des travaux pris en charge. Alain Juppé, Dominique Tiberi et d’autres seront mis en cause. Puis il devient le conseil du directeur général adjoint de l’OPHLM de Paris qui n’a cessé de dénoncer la gestion des HLM de Paris. Jean Tiberi est la cible principale. Ce dernier ne sera pas condamné. En revanche, le client de Jean-Marc Fédida le sera pour ses actes propres.

Décidément très demandé dans ces affaires, il devient également l’avocat du conseil général de l’Essonne dont la majorité est devenue PS. Des élus du RPR sont mis en cause et poursuivis bientôt rejoints par Xavière Tiberi à cause d’un rapport qui sera la source d’écrits abondants. Finalement Xavière Tiberi ne sera pas condamnée.

Il intervient encore dans l’affaire des HLM des Hauts de Seine. Au nom de l’éthique, il réprouve en 2010 l’accord entre la Mairie de Paris, Jacques Chirac et l’UMP. La Mairie de Paris a renoncé par cet arrangement à être partie civile au procès de l’ancien chef de l’Etat moyennant le versement d’une somme d’argent essentiellement par le parti politique UMP.

Le Palais de Justice de Paris le 25 mai 2012 - Photo : VD.
Le Palais de Justice de Paris le 25 mai 2012 - Photo : VD.

Aucun avocat de droite ne séduit Claude Goasguen pour sa défense

Il est vrai qu’il avait déjà déclaré en 2005, « Pour la justice, les partis politiques sont comme les bouddhas, à qui on vient faire des offrandes que personne ne mange ». (2)

L’avocat décide en conscience de défendre ou non une cause. Que Jean-Marc Fedida ait accepté de défendre le maire du 16e arrondissement ne surprend donc pas. En revanche, alors qu’il existe plus de 20 000 avocats à Paris, que Claude Goasguen ait sollicité un avocat engagé, dans l’exercice de sa profession, contre le RPR qui a donné naissance à l’UMP, contre Jacques Chirac dont il a été Ministre au sein d’un Gouvernement Juppé, contre Juppé lui-même et contre Jean, Xavière et Dominique Tiberi, interpelle.

Claude Goasguen a nécessairement une grande confiance dans son conseil.

C’est cette confiance qui préside au choix d’un avocat. Il a pu admirer les combats menés par Jean-Marc Fedida et se situer dans l’ouverture, terme politique qui vise à désigner le choix de personnes qui se sont illustrées dans le camp opposé, mais une ouverture appliquée au judiciaire.

Claude Goasguen est universitaire et avocat, il a été doyen d’une faculté de droit. Nul doute qu’il choisisse avec compétence son défenseur.

Aucun avocat de droite ne séduit Claude Goasguen pour sa défense. Considère-t-il que les avocats de droite n’ont pas le talent requis pour le défendre ?

Nombre d’hommes politiques ont prêté serment et sont devenus avocats. Nombre d’avocats sont engagés politiquement. Nombre d’avocats ont des compétences techniques dans des domaines spécifiques du droit. Alors ?

Doit-on conclure qu’un nouvel adage est né : « Les ennemis de mes amis sont mes amis »? Possible !

Des politiques avertis considèrent que des amis de longue date ou seulement d’hier sont aujourd’hui des obstacles à leur réussite, à la satisfaction de leur ambition. Alors des rapprochements s’opèrent. Certains amis doivent disparaître. Les candidatures dissidentes et les querelles au sein de l’UMP se développent. A gauche, certains élus PS et des électrons libres entendent rogner les sièges promis aux écologistes. La chasse est ouverte. Et tout bon chasseur le sait, on chasse mieux en meute.


(1) Le Monde – Jean-Marc Fédida – 29 septembre 2010.
(2) Le Parisien – 22 février 2005 – propos rapporté par Laurent Valdiguié.





Guillaume D'Antefeuille
Coordinateur de la rédaction pour les articles d'investigation. En savoir plus sur cet auteur




Nouveau commentaire :

Les opinions sont libres à la condition de respecter les limites fixées par la Loi et par la jurisprudence.

E riro 'outou i te au / Vous pourriez également aimer / You might also like
< >

Lundi 25 Octobre 2021 - 16:19 Portes ouvertes d'Anvers aux Abbesses

Tahiti | Région Pacifique | France et Europe | Paris Ile-de-France | Paris News Post | Editions | Cités


ACCUEIL

Newsletter
Facebook
Twitter
YouTube


 

La boîte à archives


Un élu peut être critiqué plus librement que les citoyens ordinaires

La France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 6 octobre 2011 pour avoir violé la liberté d’expression.

L'invective politique dans le cadre du mandat syndical fait partie intégrante du droit à la liberté d'expression.

Un élu peut-il faire condamner des syndicalistes un peu trop critiques à son égard ? L'invective politique dans le cadre du mandat syndical peut-elle être sanctionnée par les juges ?

Dans la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 6 octobre 2011, l'invective politique dans le cadre du mandat syndical fait partie intégrante du droit à la liberté d'expression.

Dans cette affaire, deux syndicalistes de l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux (USPPM) distribuent des tracts : une fonctionnaire de police, ayant eu un litige avec un maire, ayant été sanctionnée par celui-ci et mise en cause dans deux numéros du bulletin municipal, porte plainte pour injures publiques et subornation de témoin.
Ils sont attaqués par le maire pour des propos, selon celui-ci, "clairement diffamatoires", dans le but de le discréditer en tant qu’élu aux yeux de la population de sa commune.

Maître Gérard Ducrey , Avocat au Barreau de Paris commente pour Paris Tribune la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 6 octobre 2011. Une décision qui doit inciter les élus de Paris à ne pas demander à des juges d’arbitrer le débat public, même polémique, car il participe à la société démocratique.

Vaea Devatine